À l’aube d’une nouvelle ère économique, l’Algérie se trouve à un moment charnière de son histoire.
Longtemps structurée autour d’un modèle de croissance fondé sur la rente des hydrocarbures, la dépense publique et une régulation administrative centralisée, l’économie nationale a certes permis, durant plusieurs décennies, de préserver une relative stabilité macroéconomique, de soutenir l’activité et d’amortir des chocs externes parfois violents.
Mais ce modèle, qui a longtemps servi de bouclier, montre aujourd’hui ses limites face aux mutations profondes de l’économie mondiale et aux exigences d’un développement durable et inclusif.
La dépendance quasi totale aux hydrocarbures a constitué le principal talon d’Achille de ce système.
Avec plus de 60 % des recettes budgétaires et près de 90 % des exportations provenant de ce secteur, l’économie algérienne est restée vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux, freinant l’accumulation de capital productif hors hydrocarbures, limitant les gains de productivité et accentuant la volatilité cyclique.
Ce schéma a, au fil du temps, généré des déséquilibres structurels profonds, rendant inévitable une refonte en profondeur du modèle économique.
L’avènement du président Abdelmadjid Tebboune a marqué l’affirmation d’une nouvelle vision stratégique, résumée dans le slogan porteur de sens de « l’Algérie nouvelle ».
Cette orientation repose sur une rupture assumée avec la logique rentière et sur la volonté de bâtir une économie diversifiée, productive et résiliente, capable de s’appuyer sur l’ensemble des potentialités du pays, qu’elles soient humaines, naturelles, minières ou agricoles.
Il ne s’agit plus de gérer la rente, mais de la dépasser.
L’un des atouts majeurs de l’Algérie dans cette phase de transition réside dans le très faible niveau de sa dette externe.
Cette situation confère au pays une marge de manœuvre appréciable et une capacité prudente d’accès aux financements extérieurs.
Ces derniers ne sont plus envisagés comme un palliatif ou un substitut aux réformes structurelles, mais comme un levier stratégique destiné à accompagner une transition graduelle, maîtrisée et socialement équilibrée.
Cette approche permet de lisser les coûts de l’ajustement économique tout en finançant les investissements productifs indispensables à la transformation du tissu économique national.
Face aux limites et aux dangers inhérents au modèle rentier, un nouveau paradigme s’impose désormais comme une priorité nationale.
La projection vers « l’Algérie 2050 » incarne cette ambition collective : hisser le pays au rang d’économie émergente, fondée sur un modèle productif, compétitif, inclusif et respectueux de l’environnement.
Cette trajectoire s’inscrit dans une logique de long terme, où la croissance ne se mesure plus uniquement à l’aune des revenus pétroliers, mais à travers la création de valeur, l’innovation et l’emploi durable.
La relance de l’exploitation minière, la transition énergétique, la valorisation des énergies renouvelables, ainsi que l’exploitation rationnelle des vastes terres agricoles du sud du pays à travers des projets structurants d’envergure, constituent autant de piliers de cette nouvelle dynamique.
À cela s’ajoute le nouveau code de l’investissement, conçu pour améliorer l’attractivité du climat des affaires, sécuriser l’acte d’investir et encourager les partenariats créateurs de richesse.
Les signaux envoyés par l’Algérie commencent d’ailleurs à porter leurs fruits, suscitant un intérêt croissant de la part des partenaires économiques et des investisseurs étrangers.
Cette confiance retrouvée traduit la crédibilité d’une démarche fondée sur la stabilité, la clarté des choix et la cohérence des politiques publiques.
L’Algérie a fait le choix stratégique de l’équilibre, de la sécurité économique et de la souveraineté.
La transition engagée n’est ni simple ni immédiate, mais elle est désormais irréversible.
Elle porte l’espoir d’une économie plus juste, plus robuste et mieux armée pour relever les défis de demain, au service du développement national et des générations futures.
Abed MEGHIT
