Soudan : UNICEF: la crise humanitaire au Darfour met les enfants au bord du précipice

dknews
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Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a averti que les enfants du Soudan vivent au bord du précipice, soulignant que la crise humanitaire dans le pays s’aggrave rapidement et qu’une absence d’intervention internationale immédiate ne ferait qu’accroître leurs souffrances.
Eva Hinds, responsable de la communication de l’UNICEF au Soudan, a déclaré, lors d’une conférence de presse à Genève vendredi, que sa mission de dix jours au Darfour avait révélé une « catastrophe humanitaire d’une ampleur inédite ».
Elle a ajouté que l’ampleur des déplacements forcés et l’effondrement des services essentiels placent les enfants dans une situation extrêmement critique.
Elle a décrit la situation dans la ville de Tole, où des centaines de milliers d’enfants ont fui une violence indicible : « J’avais l’impression qu’une ville entière avait été arrachée de ses racines et reconstruite par nécessité et par peur.
C’est une ville reconstruite dans le désespoir, chaque famille y étant parce qu’elle n’avait d’autre choix que de fuir ».
La responsable onusienne a souligné que l’accès à chaque enfant au Darfour pouvait nécessiter plusieurs jours de négociations et d’autorisations sécuritaires, avec des déplacements sur des routes difficiles et dans des zones de conflit aux lignes de front changeantes.
Elle a insisté sur le fait que chaque opération de livraison d’aide humanitaire comporte des risques, mais reste d’une importance vitale.
Elle a ajouté que l’UNICEF et ses partenaires avaient, en seulement deux semaines, vacciné plus de 140 000 enfants, pris en charge des milliers de cas de maladies et de malnutrition, rétabli l’accès à l’eau potable pour des dizaines de milliers de personnes, ouvert des classes temporaires et fourni de la nourriture ainsi qu’un soutien psychosocial et éducatif aux enfants.
Elle a averti que le Soudan, bien qu’il constitue la plus grande urgence humanitaire au monde, reste parmi les moins visibles en raison de l’accès limité, de la complexité du conflit, laissant la souffrance de millions d’enfants passer inaperçue.
« Cette situation exige une attention internationale urgente et des actions décisives pour sauver des vies d’enfants et prévenir l’aggravation des atrocités humanitaires », a-t-elle conclu.

Khartoum salue la condamnation par l’IGAD des violations commises par les FSR

Le gouvernement soudanais a salué vendredi la condamnation par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) des violations commises par les Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan.
Dans un communiqué, le ministère soudanais des Affaires étrangères a déclaré que « le gouvernement du Soudan se félicite du communiqué positif du Secrétariat de l’IGAD, dans lequel il a exprimé sa condamnation de toutes les formes de violations commises par les Forces de soutien rapide (FSR), et réaffirmé l’unité et la souveraineté du Soudan ».
Jeudi soir, l’IGAD avait annoncé, dans un communiqué, sa condamnation de toutes les formes de violations commises par les FSR au Soudan.
Elle a également réaffirmé son « plein soutien » à l’unité, à la souveraineté du pays et à ses institutions nationales existantes.
Le communiqué précise que « le secrétaire exécutif de l’Autorité, Workneh Gebeyehu, a tenu des consultations avec le Premier ministre soudanais, Kamel Idris, à Djibouti mercredi, portant sur l’évolution de la situation sécuritaire et le processus de paix au Soudan ».
L’IGAD est un bloc régional qui regroupe actuellement sept pays de la Corne de l’Afrique (Djibouti, Ethiopie, Kenya, Somalie, Soudan, Soudan du Sud et Ouganda).
Depuis avril 2023, les FSR sont engagées dans un conflit avec l’armée soudanaise, ce qui a conduit à une famine considérée comme l’une des pires au monde, en plus de la mort de dizaines de milliers de Soudanais et du déplacement d’environ 13 millions de personnes.
Le 26 octobre 2025, les Forces de soutien rapide se sont emparées d’El-Fasher, chef-lieu de l’Etat du Darfour du Nord, à l’ouest du Soudan, et ont commis des massacres contre des civils, selon des organisations locales et internationales.

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