NESDA : L’État accélère le financement des microentreprises et mise sur une nouvelle dynamique entrepreneuriale à l’horizon 2026

dknews
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L’Algérie s’engage résolument dans une nouvelle phase de consolidation de son tissu économique à travers le soutien renforcé à l’entrepreneuriat et aux microentreprises.

À la faveur d’une séance plénière consacrée aux questions orales à l’Assemblée populaire nationale, le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Microentreprises, Noureddine Ouadah, a levé le voile sur les ambitions de l’État en matière de financement et d’accompagnement des porteurs de projets.

Au cœur de cette stratégie figure l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (NESDA), appelée à jouer un rôle central dans la création de richesse et d’emplois durables.

Selon les chiffres communiqués par le ministre, la NESDA a financé pas moins de 3.500 projets au cours de l’année 2025.

Un résultat jugé encourageant, mais appelé à connaître une montée en puissance significative dès 2026.

Les projections annoncées font état d’un objectif compris entre 10.000 et 15.000 microentreprises financées chaque année, traduisant la volonté des pouvoirs publics de faire de ce secteur un véritable levier de croissance économique.

Cette orientation s’inscrit dans une vision globale axée sur la diversification de l’économie nationale, la réduction de la dépendance aux hydrocarbures et la valorisation des compétences locales, notamment parmi la jeunesse.

Le ministre a souligné que cette augmentation progressive du nombre de projets financés est le fruit de l’intérêt particulier que l’État accorde à ce segment jugé stratégique.

La microentreprise est désormais perçue comme un maillon essentiel de l’économie productive, capable de stimuler l’innovation, de dynamiser les territoires et de répondre aux besoins du marché national.

Dans cette perspective, la NESDA ne se limite plus à un rôle de simple bailleur de fonds, mais s’impose comme un acteur d’accompagnement et d’intégration économique.

Parmi les instruments mis en avant figurent les programmes lancés à la fin de l’année 2025, notamment « Al Tawteen » et « Small Business Hub ».

Ces initiatives visent à intégrer les microentreprises dans les chaînes de production, en favorisant leur insertion dans des écosystèmes économiques structurés.

L’objectif affiché est de dépasser le stade de la création formelle pour permettre aux microentreprises de gagner en compétitivité, d’assurer leur pérennité et de contribuer efficacement à la valeur ajoutée nationale.

Cette approche marque une rupture avec les dispositifs antérieurs, souvent critiqués pour leur manque de suivi et de vision à long terme.

Dans le même esprit de modernisation, la NESDA s’apprête à lancer, dans les prochaines semaines, un centre de développement de l’entrepreneuriat en ligne.

Cette plateforme numérique vient répondre à une contrainte majeure identifiée par le ministère, à savoir la couverture inégale du territoire national par les centres physiques de développement de l’entrepreneuriat.

Bien que l’Agence dispose de plus de 300 centres implantés au sein des universités et des établissements de formation professionnelle, certaines régions demeurent insuffisamment desservies.

Le centre en ligne permettra ainsi d’élargir considérablement la base des bénéficiaires, en donnant accès à la formation et à l’accompagnement aux jeunes compétences, quel que soit leur lieu de résidence.

Le ministre a rappelé que l’accès au financement de la NESDA est conditionné par le suivi d’une formation spécifique au sein des centres de développement de l’entrepreneuriat, mis en place après la restructuration de l’ex-ANSEJ.

Cette exigence s’inscrit dans une nouvelle vision fondée sur une approche purement économique, visant à renforcer la viabilité des projets financés.

Grâce à la plateforme numérique, les porteurs de projets pourront désormais s’inscrire à distance, bénéficier des modules de formation requis, puis déposer leur dossier auprès de l’agence de wilaya la plus proche, simplifiant ainsi les démarches administratives et réduisant les contraintes logistiques.

La question du foncier, notamment au niveau des micro-zones d’activités, a également été abordée par le ministre, qui a reconnu l’ampleur du défi.

L’accès aux espaces dédiés à l’activité économique demeure un obstacle majeur pour de nombreux porteurs de projets.

Afin d’y remédier, le ministère a sollicité l’implication du ministère de l’Intérieur pour associer les directeurs des agences NESDA et de l’Agence nationale de gestion du microcrédit (ANGEM) aux commissions locales de sélection.

Cette mesure vise à offrir davantage de chances aux bénéficiaires des deux dispositifs d’accéder aux zones d’activités, en tenant compte de la nature et de la maturité de leurs projets.

Au-delà des microentreprises, le ministre a dressé un tableau particulièrement positif de l’évolution de l’écosystème des start-up en Algérie.

Le nombre de start-up a dépassé les 13.000 à la fin de l’année 2025, contre moins de 200 en 2020, illustrant une croissance spectaculaire en l’espace de cinq ans.

Cette dynamique s’appuie sur un réseau de près de 200 incubateurs d’affaires, dont plus de 100 sont implantés au sein des universités, favorisant l’émergence de projets innovants à forte valeur ajoutée.

L’action du ministère se concentre sur l’accompagnement de cette évolution à travers l’adaptation des textes législatifs et la diversification des sources de financement.

Le ministre a salué la confiance exprimée par des fonds d’investissement privés et étrangers, qui voient dans l’écosystème algérien des start-up un terrain porteur et en pleine structuration.

Cette ouverture contribue à renforcer l’attractivité du pays et à stimuler les partenariats stratégiques.

L’accompagnement ne se limite pas aux dispositifs financiers et réglementaires, mais s’étend également à des projets sectoriels ciblés.

À ce titre, le ministre a cité la convention de coopération et de partenariat stratégique récemment signée entre la NESDA et l’École nationale supérieure du tourisme.

Cet accord vise à créer un cadre opérationnel combinant formation académique et exigences du monde des affaires, en accompagnant les étudiants et diplômés dans la transformation de leurs idées en projets économiques viables dans le secteur du tourisme.

Une initiative appelée à soutenir l’économie nationale, à valoriser le potentiel touristique du pays et à générer des emplois durables.

À travers ces différentes mesures, l’État affiche une ambition claire : faire de l’entrepreneuriat un pilier central du développement économique, fondé sur l’innovation, la formation et l’intégration productive.

La montée en puissance annoncée du financement des microentreprises à partir de 2026 illustre cette volonté de bâtir une économie plus résiliente, inclusive et tournée vers l’avenir, en misant sur le talent et l’initiative des Algériens.

Abed MEGHIT

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