ÉDITORIAL DKNEWS DU JOUR : L’Algérie à l’épreuve d’un nouveau cycle climatique mondial

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Les bouleversements climatiques, longtemps perçus comme des phénomènes lointains ou réservés à certaines régions du globe, s’imposent désormais comme une réalité tangible touchant de plein fouet des territoires jusqu’alors relativement épargnés.

Pluies diluviennes, sécheresses prolongées, vents d’une violence inédite et variations brutales des températures dessinent les contours d’un monde en mutation rapide, où les certitudes climatiques d’hier ne sont plus que de fragiles souvenirs.

L’Algérie, à l’instar de nombreux pays, entre progressivement dans ce nouveau cycle climatique aux conséquences multiples et profondes.

En ce début d’année 2026, les signes d’un changement structurel sont difficilement contestables.

Des chutes de neige observées dans des régions sahariennes, des vents dépassant localement les 100 km/h, des perturbations atmosphériques d’une intensité rare : autant d’événements qui témoignent d’un dérèglement climatique désormais perceptible à l’échelle nationale.

Depuis plusieurs jours, les services météorologiques multiplient les alertes, tandis que les Bulletins météorologiques spéciaux sont diffusés en continu, soulignant la gravité de la situation et la nécessité d’une vigilance accrue.

Face à ces conditions exceptionnelles, les autorités publiques ont opté pour une réponse rapide et préventive.

La limitation des déplacements, la fermeture des établissements scolaires dans plusieurs wilayas pour une durée de 48 heures et la diffusion de consignes de sécurité traduisent une prise de conscience claire de l’ampleur du phénomène.

Cette réactivité institutionnelle marque une étape importante dans la gestion des risques climatiques, révélant une volonté d’anticipation face à des événements appelés à se répéter.

Cette réalité algérienne s’inscrit dans un contexte mondial préoccupant.

Dans son dernier rapport, l’Institut de recherche sur l’impact climatique de Potsdam, en Allemagne, a identifié les phénomènes météorologiques extrêmes comme le principal risque global pour les vingt-cinq prochaines années.

Une analyse corroborée par le Climate Risk Index 2026 publié par l’organisation Germanwatch, qui prévoit une intensification des vagues de chaleur, des inondations et des tempêtes, avec des impacts humains et économiques considérables, exacerbés par des phénomènes climatiques tels qu’El Niño.

Les experts s’accordent à souligner que ces risques ne connaissent ni frontières ni niveaux de développement.

Les pays du Sud, en particulier, se retrouvent en première ligne, confrontés à des défis structurels liés à la sécurité alimentaire, au stress hydrique et à la résilience des infrastructures.

En novembre dernier, devant les dirigeants du G20 réunis à Johannesburg, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a alerté sur le « prix mortel » que l’Afrique pourrait payer face au changement climatique.

Hausse des températures, perturbations des régimes de précipitations et multiplication des événements extrêmes redessinent progressivement les modes de vie sur le continent.

Pour l’Algérie, cette nouvelle ère climatique impose une réflexion stratégique à long terme.

La gestion durable des ressources hydriques, la protection de la sécurité alimentaire et l’adaptation des politiques publiques deviennent des priorités incontournables.

Plus qu’un épisode passager, les événements récents annoncent l’avènement d’un cycle climatique auquel il faudra non seulement s’habituer, mais surtout se préparer avec lucidité et responsabilité.

Abed MEGHIT

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