Le président de la République Tebboune appelle à bâtir une Afrique forte par le droit et les institutions

dknews
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En plaidant pour une « Afrique des institutions », le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a livré à Alger un message à la portée à la fois juridique, politique et stratégique, traçant les contours d’une vision africaine fondée sur la primauté du droit, la solidité des institutions et la souveraineté constitutionnelle.

À l’occasion de l’ouverture des travaux de la 19e session du Bureau exécutif de la Conférence des juridictions constitutionnelles africaines (CJCA), le chef de l’État a adressé un message aux gardiens des Constitutions du continent, message lu en son nom par la présidente de la Cour constitutionnelle, Mme Leïla Asslaoui.

Un message dense, structurant, qui s’inscrit dans une doctrine claire : l’indépendance politique ne peut être pleinement effective sans un socle institutionnel solide, garanti par une justice constitutionnelle forte et crédible.

Le président de la République a affirmé avec force que l’Algérie attache une importance capitale au renforcement de la justice constitutionnelle africaine, qu’il considère comme l’un des piliers essentiels de la stabilité, de la paix et du développement durable sur le continent.

Pour Abdelmadjid Tebboune, la justice constitutionnelle ne relève pas d’un luxe institutionnel réservé aux États stabilisés, mais constitue au contraire un préalable indispensable à toute construction politique et économique viable.

Elle est, selon ses termes, la garante de la suprématie de la Constitution, de l’équilibre entre les pouvoirs, de la protection effective des droits et libertés et, in fine, de la confiance des citoyens et des investisseurs dans l’État.

Avant de déployer cette vision à l’échelle continentale, le Président a tenu à rappeler l’expérience nationale algérienne, mettant en exergue la dynamique engagée depuis la révision constitutionnelle de 2020.

Il a salué les efforts soutenus de la Cour constitutionnelle algérienne, notamment dans le domaine de la diffusion de la culture constitutionnelle.

Cette mission, a-t-il souligné, dépasse largement le cadre juridique stricto sensu pour s’inscrire dans un projet de société visant à renforcer le sens de la citoyenneté et l’adhésion populaire à l’État de droit.

La formation, la sensibilisation et l’ouverture de la Cour sur les institutions et la société civile traduisent, selon lui, une conviction profonde : la stabilité d’un pays repose sur l’appropriation de ses lois par le peuple, et non sur leur simple proclamation.

Le président Tebboune a insisté sur le fait que la diffusion de la culture des droits et des libertés, lorsqu’elle est ancrée dans la pratique quotidienne, contribue directement au renforcement de la stabilité politique et à l’enracinement de la pratique démocratique.

Cette approche pédagogique et inclusive du droit constitutionnel constitue, à ses yeux, un rempart contre les dérives institutionnelles et les crises de légitimité qui fragilisent de nombreux États.

C’est dans cette même logique que s’inscrit le choix de l’Algérie comme siège permanent de la Conférence des juridictions constitutionnelles africaines.

Loin d’un simple geste protocolaire, cette décision revêt une portée symbolique et stratégique majeure.

Le président de la République a exprimé sa reconnaissance envers les chefs d’État et les juridictions constitutionnelles africaines pour la confiance placée en l’Algérie, soulignant que ce choix consacre l’engagement constant du pays en faveur du renforcement de la justice constitutionnelle africaine.

L’Algérie, a-t-il affirmé, entend offrir à cette instance continentale un espace propice à l’échange d’expériences, à la coopération juridictionnelle et à l’ancrage durable de la primauté du droit à l’échelle africaine.

Fidèle à sa doctrine de politique étrangère, fondée sur la solidarité, le non-alignement et le respect de la souveraineté des États, le président Tebboune a réitéré l’engagement de l’Algérie aux côtés des nations africaines dans les domaines politique, juridique, institutionnel et de développement.

Cette solidarité, a-t-il précisé, ne vise pas une assistance conjoncturelle, mais s’inscrit dans une vision émancipatrice à long terme, où les peuples africains disposent des outils institutionnels nécessaires pour bâtir des États souverains, stables et résilients.

Le chef de l’État a accordé une place centrale aux institutions constitutionnelles, qu’il a qualifiées de garantes fondamentales de la suprématie de la Constitution, de l’indépendance des pouvoirs et de la protection des droits et libertés.

Mais l’originalité et la profondeur de son message résident surtout dans la corrélation explicite qu’il établit entre la sécurité juridique et l’émergence économique du continent.

Abdelmadjid Tebboune a ainsi inscrit la tenue de cette session de la CJCA dans le prolongement direct des grandes manifestations économiques continentales récemment accueillies par Alger, telles que la Foire commerciale intra-africaine et le Congrès africain des start-up.

Ce rapprochement n’est pas fortuit.

Il traduit une vision intégrée du développement africain, où l’investissement, l’innovation et la croissance économique ne peuvent prospérer sans un environnement juridique stable, prévisible et équitable.

Le président de la République a souligné que ces événements économiques constituent deux piliers essentiels pour stimuler la croissance et encourager l’innovation sur le continent, mais que leur impact reste indissociable de l’ancrage de l’État de droit et du renforcement de la coopération en matière de justice constitutionnelle.

Selon cette approche globale, il n’existe pas de développement durable sans institutions solides, ni d’économie compétitive sans justice fiable.

Le droit devient alors un levier stratégique, un facteur de confiance et un catalyseur d’investissement.

Le président Tebboune a insisté sur le lien étroit entre l’innovation, l’investissement, la construction d’institutions constitutionnelles fortes et la garantie de la souveraineté de la loi.

Ce lien, a-t-il affirmé, est au cœur de la stabilité institutionnelle et du développement durable à l’échelle continentale.

Face aux défis multiples auxquels sont confrontés de nombreux pays africains  » crises politiques, mutations institutionnelles, pressions économiques et sociales  » le chef de l’État a proposé le droit comme rempart et la concertation comme méthode.

Il a appelé au renforcement de la coopération entre les juridictions constitutionnelles africaines, à l’échange d’expériences et à la mutualisation des bonnes pratiques, estimant que cette dynamique collective constitue un pilier fondamental pour préserver la suprématie des Constitutions et accompagner les transformations profondes que connaissent les sociétés africaines.

Dans un contexte marqué par des turbulences régionales et internationales, Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé que la stabilité ne peut être durable que si elle repose sur des institutions légitimes, crédibles et respectées.

La justice constitutionnelle, dans cette perspective, apparaît comme un instrument de régulation, de prévention des conflits et de consolidation de la paix.

Concluant son message sur une note d’optimisme, le président de la République a salué les efforts constants de la Conférence des juridictions constitutionnelles africaines au service de la justice constitutionnelle, exprimant sa confiance dans la capacité de cette instance à contribuer à l’édification d’une Afrique souveraine, stable et tournée vers l’avenir.

Une Afrique où le droit n’est pas seulement proclamé, mais incarné, appliqué et protégé par des institutions fortes, au service exclusif des peuples du continent.

Abed MEGHIT

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