Liban : Près d’un million de personnes risquent de retomber dans l’insécurité alimentaire aiguë (PAM)

dknews
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La situation alimentaire au Liban s’est légèrement stabilisée en ce début d’année 2026, sans pour autant s’engager sur la voie d’une amélioration durable, alerte le Programme alimentaire mondial (PAM), soulignant que près d’un million de personnes risquent de retomber dans une insécurité alimentaire aiguë dans les prochains mois.
Selon une nouvelle analyse (produite par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, IPC), quelque 874.000 personnes, soit 17 % de la population, demeurent confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, une situation susceptible de se dégrader à nouveau dans les prochains mois.
« Derrière ces chiffres se trouvent des familles qui ne sont qu’à un choc près de retomber dans une insécurité alimentaire aiguë », alerte Anne Valand, représentante du PAM au Liban, soulignant le rôle déterminant d’une aide alimentaire prévisible pour éviter une nouvelle détérioration.
Les tensions restent particulièrement marquées dans plusieurs régions, à l’instar de Baalbek-Hermel, Akkar, Baabda, Zahlé, Saïda, Bent Jbeil, Marjayoun, Nabatieh ou Sour.
Ces territoires cumulent les effets de la crise économique, des déplacements de population et des destructions liées à la récente agression sioniste contre le Liban.
Plus d’un an après le cessez-le-feu, les destructions sont encore visibles, la reconstruction avance lentement et les déplacements internes persistent.
Une situation qui freine la reprise économique et alimente l’insécurité alimentaire, notamment dans les zones rurales et frontalières. Les perspectives pour les mois à venir demeurent préoccupantes. Entre avril et juillet 2026, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë pourrait atteindre 961.000, soit près de 18 % de la population.
Cette dégradation anticipée s’explique principalement par la réduction attendue de l’aide humanitaire, conjuguée à l’augmentation du coût de la vie, à la faiblesse persistante des revenus et aux retards dans la réhabilitation des infrastructures endommagées.
En ce début d’année 2026, le Liban reste ainsi suspendu à des équilibres précaires.
L’amélioration observée ces derniers mois n’efface ni les séquelles du conflit ni les failles structurelles de l’économie. Elle rappelle surtout qu’en l’absence d’un soutien international durable et d’une stabilisation du contexte sécuritaire, la faim demeure une menace bien réelle pour une part importante de la population.

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