Le secteur agricole algérien s’engage résolument dans une nouvelle phase de transformation structurelle.
À l’issue d’une séance de travail présidée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, consacrée à la mécanisation agricole, les orientations arrêtées confirment une volonté politique claire : faire de la modernisation de l’agriculture un pilier central de la sécurité alimentaire nationale.
Une dynamique saluée par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche,
M. Yacine El-Mahdi Oualid, qui estime que ces décisions auront « un impact considérable » sur la productivité, notamment dans la filière céréalière.
S’exprimant mardi dernier , à Alger lors d’une Journée d’étude sur l’intégration des résultats de la recherche scientifique dans le développement des filières des céréales et des légumineuses, organisée par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), le ministre a souligné la portée stratégique des mesures présidentielles.
En présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Kamel Baddari, il a rappelé que la mécanisation constitue aujourd’hui un facteur déterminant de performance agricole.
« Les décisions hautement importantes prises par le président de la République permettront au secteur d’accroître significativement sa productivité, grâce à l’introduction généralisée des technologies modernes et à la mise à disposition d’équipements agricoles performants, tels que les tracteurs et les moissonneuses », a affirmé M. Oualid.
Selon lui, le lien entre mécanisation et rendement n’est plus à démontrer, d’autant que les pertes enregistrées lors des campagnes de récolte restent préoccupantes.
Des études récentes, a-t-il rappelé, font état d’une déperdition estimée entre 10 et 20 % de la production céréalière à chaque saison, en raison notamment de techniques obsolètes et d’un matériel non conforme aux normes requises.
La généralisation de la mécanisation apparaît ainsi comme une réponse concrète pour réduire ces pertes, optimiser les récoltes et améliorer la rentabilité des exploitations.
Dans un contexte marqué par une forte consommation nationale de céréales, la modernisation de l’agriculture s’impose comme une nécessité stratégique.
Le ministre a insisté sur l’objectif de relever le rendement moyen des terres agricoles de 15 quintaux par hectare actuellement à 30 quintaux par hectare, un défi ambitieux mais réalisable, selon lui, à condition d’intégrer pleinement les outils technologiques modernes.
Au-delà de la mécanisation, M. Oualid a mis en avant un autre levier essentiel : la qualité des semences.
« L’utilisation de semences adaptées et performantes joue un rôle clé dans l’atteinte des objectifs de productivité », a-t-il déclaré.
À ce titre, son département met en œuvre un plan d’action axé sur l’introduction de semences résistantes à la sécheresse, une problématique devenue centrale face aux effets du changement climatique.
Ces semences seront réparties de manière ciblée, en fonction des spécificités climatiques et géographiques de chaque région, en s’appuyant sur les résultats de la recherche scientifique nationale.
Une approche qui traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer le lien entre le monde académique et le terrain agricole, afin de valoriser l’expertise locale et d’assurer une agriculture plus résiliente.
La Journée d’étude organisée par l’OAIC s’inscrit précisément dans cette logique d’intégration des connaissances scientifiques au service du développement agricole.
Elle vise à favoriser l’innovation, améliorer la performance des filières stratégiques et accompagner les agriculteurs dans l’adoption de nouvelles pratiques.
À travers ces orientations, l’État confirme son engagement à soutenir les agriculteurs, améliorer leurs conditions de travail et renforcer la souveraineté alimentaire du pays.
La mécanisation, couplée à une politique semencière adaptée et à un appui scientifique renforcé, apparaît désormais comme l’un des piliers majeurs de la stratégie agricole nationale.
Abed MEGHIT
