L’Algérie franchit une nouvelle étape décisive dans la consolidation de son modèle social, en conjuguant justice sociale et modernisation de l’action publique. En application des dispositions du décret exécutif n°24-287 du 22 août 2024, fixant les modalités de prise en charge médicale des personnes démunies non affiliées à la sécurité sociale, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saïhi, a présidé, ce dimanche 19 janvier 2026, la cérémonie officielle de lancement de la carte électronique de prise en charge des médicaments au profit des démunis non assurés socialement.
La cérémonie s’est déroulée en présence de la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Souria Mouloudji, ainsi que de plusieurs cadres des deux secteurs, traduisant la volonté de l’État d’inscrire cette mesure dans une approche transversale et coordonnée.
Une décision souveraine au cœur de la vision sociale de l’État
Dans son allocution, le ministre Abdelhak Saïhi a souligné que le lancement de cette carte électronique constitue l’expression concrète d’un choix souverain, fondé sur une volonté politique claire plaçant l’être humain au centre des politiques publiques. Il a rappelé que le droit à la santé, aux soins et aux médicaments est un droit constitutionnel garanti à tous les citoyens, sans distinction ni exclusion.
Depuis l’accession du président de la République à la magistrature suprême, a indiqué le ministre, l’Algérie a connu des réformes sociales profondes et des décisions structurantes ayant permis de réhabiliter pleinement le rôle de l’État social. Ces réformes ont rompu avec les logiques d’exclusion et de marginalisation, en mobilisant des ressources financières et humaines conséquentes afin d’assurer la gratuité des soins, le soutien au système de santé et une prise en charge globale des citoyens, en particulier les plus vulnérables.
La numérisation au service de l’équité et de la transparence
Le ministre a également insisté sur la dimension stratégique de cette nouvelle carte, la qualifiant de symbole d’une politique publique moderne, fondée sur la numérisation, la transparence et l’égalité des chances. Cette innovation vise à simplifier les procédures administratives, à lutter contre la bureaucratie et à garantir un accès direct, fluide et sécurisé aux médicaments pour les bénéficiaires.
Selon Abdelhak Saïhi, cette approche permet non seulement d’améliorer l’efficacité du dispositif, mais aussi de préserver la dignité du citoyen, en lui évitant les lourdeurs administratives et les déplacements inutiles, tout en assurant que les aides publiques parviennent réellement à ceux qui y ont droit.
Une réforme inscrite dans un projet sociétal global
Le ministre a précisé que cette initiative s’inscrit dans un processus de réforme globale, conduit par l’État en coordination avec l’ensemble des secteurs concernés. L’objectif est clair : réduire les inégalités sociales, renforcer la solidarité nationale et bâtir une État fort par sa justice sociale, moderne par ses outils et profondément humain dans ses choix. Il a souligné que cette démarche s’inspire des valeurs nationales et des principes de la Révolution du 1er Novembre, qui placent la dignité humaine, la justice et la solidarité au cœur du projet national.
En conclusion, le ministre a réaffirmé l’engagement de son secteur, en étroite collaboration avec le ministère de la Solidarité nationale et l’ensemble des partenaires institutionnels, à poursuivre la mise en œuvre des réformes sociales, afin de consolider une État qui protège les plus faibles avant les plus forts, et qui considère le droit à la santé comme un droit fondamental non négociable.
L’engagement constant du secteur de la solidarité nationale
De son côté, la ministre Souria Mouloudji a mis en avant les efforts soutenus de son département en matière de prise en charge des catégories vulnérables.
Elle a rappelé les différents mécanismes et dispositifs mis en place pour améliorer les conditions de vie des personnes démunies, soulignant que cette carte électronique constitue un levier supplémentaire pour renforcer l’efficacité de l’action sociale et garantir une meilleure justice territoriale.
Un dispositif clair et structuré au profit des démunis
La carte électronique concerne les personnes démunies non assurées socialement, sans revenu, y compris les personnes atteintes de maladies chroniques, ainsi que leurs enfants mineurs à charge. Les demandes de bénéfice sont traitées dans le cadre d’un parcours administratif simplifié, reposant sur une coordination étroite entre les services de la solidarité nationale et ceux de la sécurité sociale .
Le demandeur dépose un dossier administratif et médical auprès du service de l’action sociale de la commune de résidence.
Les dossiers sont ensuite transmis à la commission compétente chargée de leur étude et de la prise de décision, avant notification aux intéressés. Après acceptation, les dossiers sont transférés à la Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés (CNAS), qui attribue un numéro d’immatriculation au bénéficiaire, procède à l’établissement de la carte électronique et la transmet aux agences de wilaya concernées pour activation et remise.
Un accès gratuit et sécurisé aux médicaments
Grâce à cette carte, le bénéficiaire et ses enfants mineurs peuvent obtenir gratuitement les médicaments prescrits, conformément à la liste fixée par l’arrêté interministériel du 13 juillet 2025, auprès des pharmacies conventionnées avec la CNAS.
Les patients atteints de maladies chroniques bénéficient, quant à eux, d’un traitement couvrant une période pouvant aller jusqu’à trois mois.
Une confirmation du caractère social de l’État algérien À travers ce mécanisme, l’État algérien réaffirme son engagement indéfectible en faveur de l’égalité d’accès aux services de santé, sans discrimination ni exclusion. Cette mesure vient rappeler que la dimension sociale et solidaire de l’État demeure un pilier fondamental de l’action publique, guidée par une vision politique claire sous la conduite du président de la République, pour une société plus cohésive, un système de santé plus équitable et une vie digne pour l’ensemble des citoyens.
Par Abed MEGHIT
