La bataille d’Amacine, survenue le 20 janvier 1956 dans la wilaya de Bejaïa, demeure l’une des plus marquantes de la wilaya III historique durant la Révolution de libération nationale, car elle illustre la bravoure et la détermination des moudjahidine de l’Armée de libération nationale (ALN) dans leur lutte contre le colonialisme français.
La bataille a débuté au matin du 20 janvier 1956 au niveau du pont d’Amacine, enjambant l’Oued Soummam dans la région d’Amizour, relevant durant la Révolution de la 3e zone de la 1ère région de la wilaya III historique. Le théâtre des affrontements s’est ensuite étendu à d’autres sites du village d’Ighissen, selon des témoignages de moudjahidine et des documents historiques.
La bataille a vu la participation de l’unité du lieutenant Arezki Bairi, dit « Arezki Lourassi », composée de plusieurs valeureux combattants de l’Armée de libération nationale, dont Abdallah Mahrez dit « El Morti », Hamelat Tahar, Mohand Rachid Ouatah, Mohamed Oulhoucine dit « Letreche », Messaoud Touahria, Aïssa Aârab, le caporal Lahcen, Harrani Mokrane, Tibouni Mahmoud et Ahmed Debbouz.
Cette unité a été renforcée par des dizaines de moussabiline venus des villages avoisinants, notamment Béni Djellil, Semaoun, Feraoun, Timezrit et Amizour, portant le nombre total de participants à la bataille à plus de 150 moudjahidine.
Selon le témoignage du moudjahid Mohand Errachid Ouatah (93 ans), la bataille, qui a duré plusieurs heures, s’est déroulée en deux phases principales: la 1ère a débuté vers 9h du matin, lorsque les soldats ennemis ont été surpris par un intense tir des moudjahidine, provoquant leur désarroi et leur repli sous l’effet de la peur et de la panique. Les combattants se sont alors retirés vers le village d’Ichekabène.
Au même moment, des renforts venus d’Amizour, d’El Kseur et de Sidi Aïch sont arrivés en appui, élargissant le champ de bataille du pont Amacine jusqu’au village de Thakrabt N’Ighissen, où l’armée coloniale a mené des opérations de répression, de saccage et d’arrestations contre les civils.
La seconde phase a été marquée par l’intervention de la troupe du lieutenant Arezki Louras.
Les moudjahidine de l’Armée de libération nationale ont alors fait preuve d’une grande bravoure face à une force militaire lourdement équipée en artillerie, chars et aviation, lui infligeant d’importantes pertes.
A noter que le moudjahid Mohand Errachid Ouatah est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Le parcours révolutionnaire du moudjahid Mohand Errachid Ouatah : du bassin de la Soummam au canal de Suez », dans lequel il a consigné les détails de la bataille d’Amacine.
De son côté, l’historien Battache Ali indique, dans son livre consacré au commandant Si Hmimi Oufadel, l’un des commandants de la wilaya III historique, que la bataille d’Amacine, qui s’est déroulée tout au long de la journée du 20 janvier 1956, a coûté la vie à huit moudjahidine tombés au champ d’honneur dont Arezki Louras, tandis que les pertes de l’armée française étaient estimées à près de 60 morts.
