Environnement/Déchets et récupération du plastique : quand une activité écologique défigure le cadre de vie

dknews
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Ce qui devait initialement contribuer à l’amélioration de l’hygiène environnementale s’est progressivement transformé, dans de nombreux quartiers et villages, en un véritable fléau urbain.

La récupération du plastique et des métaux, pourtant essentielle dans une logique d’économie circulaire, engendre aujourd’hui des dérives préoccupantes qui portent atteinte au cadre de vie des citoyens.

Dans plusieurs communes, les collecteurs de déchets conventionnés ou agissants en marge des circuits officiels fouillent les bacs à ordures à la recherche de bouteilles en plastique et de canettes métalliques.

Cette pratique se traduit par des bacs éventrés, des sacs éventrés puis abandonnés au sol, laissant derrière eux un paysage de désolation et une prolifération des nuisances sanitaires.

Des habitants témoignent même de tentatives d’agression lorsqu’ils osent dénoncer ces comportements.

Une situation qui alimente un sentiment d’insécurité et d’abandon, d’autant plus que les retards fréquents dans l’enlèvement des déchets aggravent le problème.

Paradoxalement, certaines communes concentrent leurs efforts sur la lutte contre les chiens errants, sans s’attaquer aux causes profondes de leur prolifération, liées notamment à l’accès libre aux décharges urbaines.

L’absence de régulation stricte des activités de collecte informelle apparaît ainsi comme un facteur déterminant dans cette spirale de dégradation.

Face à ce constat, la nécessité de repenser l’organisation du secteur de la collecte des déchets devient urgente.

Les entreprises concernées, qui jouent en principe un rôle positif dans la préservation de l’environnement, doivent être encadrées afin de respecter des normes strictes garantissant à la fois l’efficacité économique et le respect du cadre de vie.

La solution structurelle réside incontestablement dans la mise en place du tri sélectif.

Ce procédé permettrait aux collecteurs d’exercer leur activité sans dégrader l’environnement, tout en améliorant la rentabilité de la filière.

Toutefois, cette démarche nécessite un long travail de sensibilisation des citoyens, des investissements supplémentaires pour les collectivités locales et une adaptation des infrastructures existantes.

Dans l’immédiat, certains quartiers ont mis en place des solutions alternatives, comme la construction de niches fermées pour les bacs à ordures, accessibles uniquement aux résidents et aux services de la voirie.

Si cette initiative limite les dégâts, elle demeure une solution provisoire qui pénalise économiquement les entreprises de récupération.

À terme, seule une approche concertée entre citoyens, collectivités locales et opérateurs économiques permettra de transformer la récupération des déchets en une véritable opportunité de développement durable.

La filière du recyclage, correctement structurée, pourrait non seulement mettre fin aux décharges sauvages, mais aussi générer de l’emploi et stimuler l’émergence d’industries de transformation du plastique, du carton et du verre, notamment dans des wilayas comme Tizi-Ouzou.

Abed MEGHIT

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