ÉDITORIAL DKNEWS DU JOUR Sécurité hydrique : l’Algérie face au défi vital de l’eau

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À l’heure où la planète entre dans une ère de bouleversements climatiques majeurs, l’eau s’impose plus que jamais comme l’enjeu stratégique du XXIᵉ siècle.
Près de deux milliards de personnes à travers le monde n’ont déjà pas un accès régulier à l’eau potable, une réalité alarmante qui risque de s’aggraver sous l’effet conjugué du réchauffement climatique et de la croissance démographique.
Les experts parlent désormais de « stress hydrique », un phénomène aux conséquences dramatiques : insécurité alimentaire, tensions géopolitiques, conflits régionaux et flux migratoires massifs.
Aucun continent n’est épargné, et l’Afrique, longtemps considérée comme l’épicentre de cette crise, n’en sera pas l’unique théâtre.
Dans ce contexte mondial préoccupant, l’Algérie a fait un choix clair et assumé : ériger la sécurité hydrique au rang de priorité nationale absolue.

Consciente que l’accès durable à l’eau conditionne la stabilité sociale, le développement économique et la souveraineté alimentaire, l’État algérien a engagé une stratégie ambitieuse, structurée et fondée sur une vision à long terme.
Au cœur de cette politique figure le dessalement de l’eau de mer, devenu un pilier essentiel de l’approvisionnement en eau potable.
Avec un investissement colossal estimé à 2,4 milliards de dollars, s’étalant jusqu’à l’horizon 2029, l’Algérie s’est lancée dans la réalisation et l’extension de stations de dessalement capables de couvrir, à terme, près de 65 % des besoins de la population.
Un pari audacieux mais nécessaire, qui permet de réduire la dépendance aux ressources conventionnelles et de sécuriser l’approvisionnement des grandes agglomérations côtières.
Parallèlement, les pouvoirs publics poursuivent une autre stratégie complémentaire : la mobilisation rationnelle des ressources hydriques internes.
Loin des choix improvisés, l’édification de barrages repose désormais sur des études scientifiques rigoureuses, intégrant les données hydrologiques, climatiques et géographiques.
À ce titre, cinq nouveaux barrages viennent s’ajouter aux 81 infrastructures déjà existantes à travers le pays.
Leur apport global est estimé à 300 millions de mètres cubes, une capacité non négligeable dans un contexte de raréfaction de la ressource.
Cependant, les chiffres rappellent la fragilité de la situation.

Le taux de remplissage des barrages a connu, en 2025, une légère régression, passant d’environ 35 % à 33,82 %, alors qu’il atteignait près de 40 % en 2024.
Une évolution qui confirme l’urgence de diversifier les sources d’eau et d’anticiper les effets des aléas climatiques, devenus de plus en plus imprévisibles.
Cette volonté politique s’est exprimée avec force lors du récent discours du président de la République à la nation, prononcé au Palais des Nations.
Mettant en exergue les avancées enregistrées dans le Sud algérien, région en plein essor économique et démographique, le chef de l’État a abordé sans détour la question sensible de l’accès à l’eau potable dans l’extrême Sud.
Dans une instruction solennelle, il a ordonné au Premier ministre d’entamer immédiatement la réalisation de deux stations d’eau à Tindouf et à Tamanrasset.
Une décision lourde de sens, qui traduit l’attention particulière accordée à ces territoires stratégiques et la volonté d’assurer l’équité territoriale en matière de services vitaux.
Au-delà des infrastructures, c’est une vision globale qui se dessine : celle d’une Algérie déterminée à faire face à une menace planétaire avec des solutions nationales, pragmatiques et durables.
La sécurité hydrique n’est plus un simple enjeu sectoriel, elle est devenue un impératif de souveraineté.
En anticipant les défis de demain, l’Algérie affirme sa capacité à protéger ses citoyens, à soutenir son développement et à inscrire son action dans une logique de résilience face aux bouleversements climatiques mondiaux.
Abed Meghit

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