Les décharges sauvages prolifèrent à travers les communes de la wilaya de Tizi Ouzou, mettant en péril la santé publique et l’environnement.
Lors de sa dernière session, l’Assemblée populaire de wilaya a tiré la sonnette d’alarme et appelé à des solutions urgentes, au premier rang desquelles figure la réalisation tant attendue d’un incinérateur moderne.
La question environnementale s’impose aujourd’hui comme l’un des défis majeurs auxquels fait face la wilaya de Tizi Ouzou.
Lors de la session ordinaire tenue les 28 et 29 décembre derniers, les élus de l’Assemblée populaire de wilaya (APW) ont passé au crible l’état du secteur de l’environnement, mettant en lumière des avancées certes, mais surtout de profondes insuffisances qui nécessitent des décisions urgentes et structurantes.
Au cœur des débats, la prolifération inquiétante des décharges sauvages.
Ces dépotoirs anarchiques, qui s’accumulent jour après jour à travers les différentes communes, constituent une menace directe pour la sécurité sanitaire des citoyens.
Les élus ont unanimement alerté sur les risques liés à la pollution des sols, de l’air et des ressources hydriques, appelant l’exécutif de la wilaya à agir sans délai pour endiguer ce phénomène.
Contrairement à certaines idées reçues, les critiques formulées lors de cette session ne visaient pas une supposée incapacité des services concernés, mais plutôt un manque flagrant de moyens matériels et financiers.
« Les services font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont », ont souligné plusieurs élus, insistant sur la nécessité d’un soutien accru de l’État pour permettre une gestion efficace et durable des déchets.
L’incinérateur, une promesse qui tarde à se concrétiser
À l’issue des débats, l’APW a adopté une série de résolutions et de recommandations, dont la plus emblématique reste l’inscription d’une unité de valorisation des déchets ou, à défaut, d’un incinérateur moderne pour la wilaya de Tizi Ouzou.
Une revendication loin d’être nouvelle.
Voilà près de trois décennies que la wilaya attend la concrétisation de cette promesse, annoncée mais jamais réalisée, à l’image d’autres projets structurants restés lettre morte, comme le port sec prévu dans les années 1980.
Ironie du sort, l’assiette foncière initialement réservée à l’implantation de cet incinérateur a été détournée de sa vocation première et sert aujourd’hui de gare routière, dont la fréquentation demeure quasi inexistante.
Un symbole, selon plusieurs élus, du gâchis et de l’absence de vision à long terme qui ont longtemps caractérisé la gestion de certains projets structurants.
Des décharges à risque et des solutions attendues
Dans leurs recommandations, les élus ont également exhorté la direction de l’environnement à trouver des solutions urgentes pour les décharges de Souamaâa, Aït Oumalou, Larbaâ N’Aït Iraten et Ighil Oumenchar, dans la commune de Souk El Tenine.
L’objectif est clair : éviter les rejets directs de lixiviats dans les talwegs et les oueds, qui constituent une menace sérieuse pour les écosystèmes et la santé des populations riveraines.
La session de l’APW ne s’est toutefois pas limitée au seul volet environnemental.
D’autres projets structurants, freinés par des lenteurs administratives ou des blocages persistants, ont été examinés.
C’est notamment le cas des lotissements sociaux, dont l’avancement demeure entravé par des contraintes foncières et techniques.
Pour lever ces obstacles, les élus ont recommandé la création d’une commission mixte, présidée par l’Agence foncière de wilaya et regroupant l’ensemble des acteurs concernés : APW, directions des domaines, du cadastre, de l’urbanisme, du logement, ainsi que les communes concernées.
Relancer l’économie locale et désenclaver les territoires
Soucieuse de stimuler le développement économique local, l’Assemblée a également proposé la création d’un espace dédié à la promotion des activités économiques et aux rencontres professionnelles.
Les élus estiment que Tizi Ouzou mérite un véritable palais des expositions, capable d’offrir visibilité et dynamisme aux opérateurs économiques de la région.
Enfin, un autre obstacle majeur au développement local a été mis en exergue : l’état des chemins communaux.
Les élus ont insisté sur la nécessité de doter la wilaya d’une nouvelle enveloppe financière au titre du Fonds commun des collectivités locales (FCGL) afin de prendre en charge la rénovation et l’entretien de ce réseau particulièrement dense.
Situés pour la plupart en zones montagneuses et escarpées, ces chemins dépassent largement les capacités financières et humaines des communes, alors que leur réhabilitation est indispensable au désenclavement et à l’activité économique.
À Tizi Ouzou, l’urgence environnementale est désormais indissociable du développement local.
Pour les élus, le temps des constats est révolu : seule une action concrète, soutenue par des moyens adéquats, permettra de répondre aux attentes pressantes des citoyens.
Abed MEGHIT
