Le Burundi a enregistré 5.338.608 cas de paludisme, dont 644 décès en 2025, a rapporté le bureau local de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à Bujumbura.
Commentant ce taux, le ministère burundais de la Santé a indiqué que « c’est plus que le double de cas de paludisme enregistrés en 2024 ».
Le ministère a rappelé, toutefois, qu' »il a organisé en novembre 2025 une vaste campagne de distribution de 7 975 890 moustiquaires imprégnées, destinées à protéger 12,8 millions de Burundais contre le paludisme », notant que « l’objectif ultime est d’atteindre zéro décès en lien avec le paludisme d’ici 2027 et zéro cas de paludisme en 2030 ».
En 2019, le bureau de l’ONU pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a signalé une flambée majeure de paludisme touchant plus de la moitié des districts sanitaires du Burundi, avec 2 millions de personnes affectées. La dernière déclaration officielle de l’épidémie de paludisme au Burundi remonte à 2017.
Selon le ministère burundais de la Santé publique, le paludisme est la première cause de mortalité infantile.
La transmission reste élevée, exacerbée par des facteurs climatiques et socio-économiques, menant à des épidémies malgré des efforts de prévention (moustiquaires, traitements préventifs) et l’introduction récente de la vaccination antipaludique pour les enfants de moins de 5 ans.
L’afflux massif de réfugiés congolais met une grande pression sur les services de santé (Unicef)
L’afflux massif de réfugiés congolais au Burundi met les services de santé sous forte tension et entraîne la saturation des camps de réfugiés dans l’est du pays, a indiqué, mardi, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).
Depuis le 5 décembre, plus de 100.000 réfugiés congolais et rapatriés burundais ont trouvé refuge au Burundi, affirme l’agence humanitaire des Nations unies pour l’enfance.
Selon l’Unicef, les services de santé à Busuma, dans l’est du Burundi, sont « gravement surchargés », où une seule clinique mobile assure de 1.500 à 2.000 consultations par jour, principalement pour le paludisme et la diarrhée aqueuse aiguë.
Le camp de Busuma accueille un nombre de personnes bien supérieur à ses capacités infrastructurelles.
Ce site accueille désormais plus de 67.000 réfugiés, dont la majorité sont des femmes et des enfants. « Les capacités de diagnostic, les lits d’hospitalisation et les possibilités d’orientation vers des structures spécialisées sont limitées », a détaillé l’Unicef dans son dernier rapport.
Cette alerte du fonds onusien intervient alors qu’une épidémie de choléra est en cours dans cette zone, dont le dernier décompte épidémiologique en date, du 29 décembre 2025, fait état de 26 nouveaux cas de choléra, dont près de la moitié (12 cas) sur le site de Busuma.
L’accès aux services en eau et assainissement est, en outre, « extrêmement insuffisant » : environ 1,6 litre par personne et par jour à Busuma, bien en deçà des normes humanitaires.
Par ailleurs, les mauvaises conditions d’hébergement, combinées au froid intense qui sévit sur le site, rendent la situation « particulièrement alarmante ».
« L’insuffisance des abris, l’accès limité à des vêtements chauds et à l’eau augmentent considérablement les risques d’hypothermie, d’infections respiratoires, de malnutrition et de problèmes de protection, en particulier pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées », note l’agence onusienne.
Les risques nutritionnels restent également critiques pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes et allaitantes, en raison de l’insécurité alimentaire et de la couverture limitée des services.
