ÉDITORIAL DKNEWS DU JOUR  Quand l’Algérie parie sur l’intelligence mathématique : l’heure de la consécration pour ses jeunes talents

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Longtemps perçues comme une discipline austère réservée à une élite discrète, les mathématiques retrouvent aujourd’hui en Algérie la place stratégique qu’elles n’auraient jamais dû perdre. L’école algérienne s’engage résolument dans une dynamique nouvelle : détecter, accompagner et propulser ses jeunes talents vers les plus hautes sphères des compétitions régionales et internationales. Une ambition assumée, structurée et désormais inscrite dans la durée.

Il ne s’agit plus seulement d’identifier les élèves « doués en maths », cette fameuse « bosse des mathématiques » – expression héritée d’une théorie scientifique aujourd’hui dépassée mais restée ancrée dans l’imaginaire collectif –, mais surtout de leur offrir un environnement propice à l’excellence. Depuis 2024, les pouvoirs publics ont décidé de franchir un cap en accordant un intérêt accru à cette catégorie d’élèves, convaincus que l’investissement dans les mathématiques est un investissement direct dans l’avenir du pays.

L’objectif est clairement affiché : améliorer la participation de l’Algérie aux Olympiades internationales des mathématiques et hisser son classement à la hauteur de son potentiel humain. Une ambition légitime lorsque l’on sait que ces olympiades, créées en 1959, réunissent chaque année plus de 100 pays autour d’une compétition où l’intelligence, la rigueur et la créativité sont les seules armes. La 67e édition, prévue à Shanghai du 10 au 20 juillet 2026, constitue déjà un rendez-vous majeur que l’Algérie prépare avec sérieux et anticipation.

Cette préparation ne se limite pas au cadre international. Les olympiades panafricaines et arabes figurent également à l’agenda, même si leurs dates et lieux restent à confirmer. La dernière édition arabe, organisée au Qatar en novembre 2024, avait déjà mis en lumière le potentiel prometteur des jeunes Algériens. Autant d’échéances qui confirment l’importance croissante des mathématiques dans un monde où elles irriguent tous les domaines : sciences exactes, technologies numériques, intelligence artificielle, gestion économique, ingénierie et bien au-delà.

Les résultats obtenus ces dernières années parlent d’eux-mêmes. L’Algérie a décroché des médailles de bronze, puis des médailles d’or, notamment à Moscou en 2025 et au Royaume-Uni en 2024. Des performances qui témoignent d’une progression constante et d’un savoir-faire en construction. Il convient de rappeler que la participation algérienne aux compétitions internationales de mathématiques ne date pas d’hier : individuelle dès 1977, puis à distance en 2021, bien avant la création officielle de l’Olympiade algérienne de mathématiques.

Cette année, un tournant organisationnel majeur vient confirmer le sérieux de la démarche. Contrairement aux années précédentes où la sélection débutait en mars, les premières épreuves éliminatoires de la 3e édition des Olympiades algériennes de mathématiques auront lieu dès le 17 janvier 2026. Une décision annoncée dans un communiqué du ministère de l’Éducation nationale, traduisant une volonté claire d’anticipation et de professionnalisation du processus.

La recherche des « perles rares » concernera l’ensemble des établissements publics et privés, ainsi que les écoles des cadets de la nation, au niveau du cycle moyen et secondaire. Les convocations seront transmises aux établissements avant le 8 janvier, garantissant une organisation fluide et équitable. Une mécanique bien huilée, pensée pour donner à chaque élève talentueux une chance réelle de se révéler.

Au-delà des chiffres, des médailles et des classements, c’est une vision qui se dessine : celle d’une Algérie qui croit en son capital intellectuel et qui comprend que le développement du raisonnement, de l’analyse et de l’esprit critique est la clé de toute renaissance scientifique. À Shanghai, en Afrique, dans le monde arabe ou ailleurs, les jeunes matheux algériens ne porteront pas seulement des chiffres et des équations, mais l’image d’une école en mouvement et d’un pays qui a décidé de miser sur l’excellence.

Abed MEGHIT

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