Tiaret–Tissemsilt : La grève générale des transporteurs plonge la région dans la paralysie et la détresse sociale

dknews
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Depuis l’aube du vendredi  à ce jour , les wilayas de Tiaret et de Tissemsilt vivent au ralenti, frappées de plein fouet par une grève générale et illimitée du secteur des transports. À l’appel de plusieurs syndicats nationaux et locaux, l’ensemble des transporteurs a observé un arrêt total de l’activité, paralysant aussi bien le transport de voyageurs que celui des marchandises, des carburants et des services de taxis, qu’ils soient collectifs ou urbains. Une mobilisation massive, inattendue par son ampleur, qui a rapidement installé un climat de désolation et de désarroi au sein des populations locales.

Dès les premières heures de la matinée, les gares routières ont affiché un visage inhabituel : quais déserts, bus immobilisés, files de voyageurs désorientés et absence quasi totale de taxis. Les citoyens, pris au dépourvu, ont dû improviser des solutions de fortune pour se rendre à leurs lieux de travail, aux établissements scolaires et universitaires, ou pour assurer des déplacements essentiels. Pour beaucoup, la journée s’est transformée en véritable parcours du combattant, marqué par de longues marches à pied ou le recours exceptionnel à des moyens de transport informels. Cette grève intervient dans un contexte particulièrement sensible, coïncidant avec la reprise des cours dans les établissements scolaires et universitaires, ainsi qu’avec la rentrée professionnelle de nombreux travailleurs après les congés de fin d’année. Une conjoncture qui accentue l’impact social du mouvement et renforce le sentiment d’injustice ressenti par une large frange de la population, contrainte de subir les conséquences d’un conflit qui la dépasse.

Au-delà du transport de personnes, la grève a également affecté de manière significative le transport de marchandises et de carburants. De nombreuses stations-service dans les deux wilayas ont été touchées par des ruptures d’approvisionnement, notamment en gaz de pétrole liquéfié (GPL), très prisé par les automobilistes. Cette pénurie, même partielle, a accentué la tension sur le terrain, provoquant des scènes de files d’attente inhabituelles et une inquiétude croissante quant à la continuité de l’approvisionnement dans les jours à venir.

Selon des sources proches des grévistes, ce mouvement de protestation est motivé principalement par le rejet de la nouvelle loi récemment adoptée par les pouvoirs publics, visant à durcir les sanctions liées aux délits et infractions routières. Les transporteurs estiment que ce texte, jugé sévère et pénalisant, ne prend pas suffisamment en compte les réalités du terrain ni les conditions difficiles dans lesquelles ils exercent leur activité au quotidien. Ils dénoncent une approche répressive au détriment de solutions préventives et d’un dialogue constructif avec les professionnels du secteur. Par ailleurs, certains transporteurs de voyageurs revendiquent ouvertement une révision à la hausse des tarifs des courses, invoquant l’augmentation des prix des carburants  » essence, gasoil et GPL » entrée en vigueur à compter du 1er janvier 2026. Selon eux, le maintien des tarifs actuels devient économiquement insoutenable face à la flambée des coûts d’exploitation, mettant en péril la viabilité même de leurs activités.

Si les revendications des transporteurs traduisent un malaise réel et profond au sein du secteur, force est de constater que le principal perdant de cette crise demeure le citoyen. Usagers quotidiens des transports, travailleurs, étudiants, élèves et familles se retrouvent pris en étau entre des décisions réglementaires contestées et une grève aux répercussions immédiates et lourdes sur leur quotidien. L’absence de solutions alternatives organisées accentue le sentiment d’abandon et nourrit une colère silencieuse au sein de la société. Dans les rues de Tiaret et de Tissemsilt, l’espoir reste désormais suspendu à une issue rapide à cette crise. Les regards se tournent vers les autorités compétentes, appelées à ouvrir sans délai un dialogue sérieux et responsable avec les représentants des transporteurs, afin de désamorcer la tension et de rétablir un service public vital pour la stabilité sociale et économique de la région. Car au-delà des revendications légitimes et des impératifs réglementaires, c’est la continuité de la vie quotidienne et la confiance du citoyen qui sont aujourd’hui en jeu.

Abed MEGHIT

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