ÉDITORIAL DKNEWS DU JOUR : Le Sud algérien, quand la vision devient destin

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Longtemps perçu comme une immensité lointaine, silencieuse et sous-exploitée, le Sud algérien s’impose aujourd’hui comme l’un des leviers stratégiques majeurs de la renaissance économique nationale. À l’aube de 2026, une question s’impose avec force : assistons-nous à la naissance d’un gigantesque pôle de croissance capable de redessiner durablement la trajectoire de l’Algérie ? Tout porte à croire que ce tournant historique est déjà amorcé, et qu’il s’inscrit désormais dans une réalité concrète, mesurable et irréversible.

L’histoire moderne de l’Algérie ne peut être écrite sans ce chapitre décisif. Le Sahara n’est pas seulement un héritage millénaire, un espace de mémoire et de civilisation ; il est devenu un atout stratégique de premier ordre, un socle sur lequel se bâtit l’avenir économique du pays. Les potentialités qu’il recèle – agricoles, minières, énergétiques et logistiques – font de cet espace un moteur puissant, capable de propulser l’économie nationale dans une dynamique de développement rarement atteinte jusque-là.

Lorsque le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, évoquait en 2019, lors de sa campagne électorale, la transformation profonde du Sahara algérien, nombreux étaient ceux qui doutaient. Certains parlaient d’utopie, d’autres de promesses irréalistes. Près de six ans plus tard, les faits ont balayé les scepticismes. Cette vision s’est révélée être un choix stratégique audacieux, mais surtout payant, ouvrant à l’Algérie les portes d’un nouveau positionnement régional et international.

La preuve la plus éloquente de cette mutation réside dans l’intérêt croissant des investisseurs étrangers. Des partenaires internationaux, loin d’hésiter, s’engagent aujourd’hui dans des projets d’une ampleur inédite, qualifiés sans exagération de pharaoniques. Le Sahara, autrefois décrit comme stérile, s’est révélé fertile, généreux et porteur de promesses. À Adrar, la ferme algéro-turque « Dunyasir » incarne cette nouvelle agriculture saharienne moderne. À Timimoun, le projet algéro-italien de 36 000 hectares dédié aux céréales et légumineuses illustre une démarche économique intégrée, orientée vers l’autosuffisance alimentaire et la diversification des exportations.

Dans la même dynamique, le mégaprojet laitier « Baladna », soutenu par le Qatar à Adrar, avec un investissement colossal de 3,5 milliards de dollars, s’impose comme un symbole fort de cette Algérie en construction. Présentée comme la plus grande ferme laitière au monde, cette réalisation dépasse largement le cadre du discours politique : elle incarne une réalité tangible, un jalon concret de « l’Algérie de demain » qui prend forme sous nos yeux.

Mais l’ambition ne s’arrête pas à l’agriculture. Le sous-sol du Sud révèle à son tour ses richesses. La mise en exploitation de l’un des plus grands gisements de fer au monde marque une nouvelle ère industrielle. Le départ imminent du premier train chargé de minerai vers le complexe sidérurgique Tosyali d’Oran n’est pas un simple événement logistique ; c’est le signal fort d’un basculement stratégique vers une industrie lourde intégrée et créatrice de valeur.

Les infrastructures, pilier indispensable de cette transformation, suivent le même élan. L’État engage des investissements colossaux pour désenclaver le Sud, le connecter au Nord et l’ouvrir sur son environnement régional. Les routes reliant Tindouf à Zouerate en Mauritanie, tout comme la route transsaharienne, se dessinent comme de véritables artères économiques et commerciales, appelées à renforcer le rôle de l’Algérie comme hub africain.

Transformer des terres longtemps marginalisées en pôles stratégiques et en leviers économiques incontestables : telle est la vision prospective qui se déploie aujourd’hui. Une vision portée par une volonté politique affirmée, mais surtout partagée par l’espoir et le rêve de toute une nation décidée à faire du Sud non plus une périphérie, mais le cœur battant de son avenir.

Abed MEGHIT

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