À mesure que l’année 2025 s’achève, un constat s’impose avec davantage de clarté et moins de scepticisme qu’auparavant : l’Algérie est engagée dans un processus de transformation économique profond, progressif et désormais tangible.
Loin des annonces conjoncturelles ou des effets d’affichage, cette mutation s’observe dans les faits, les chiffres, mais aussi dans la nature même des rendez-vous économiques qui ont jalonné l’année.
Une décantation lente, parfois silencieuse, mais résolument structurante.
L’agenda économique de 2025 aura été, à ce titre, particulièrement révélateur.
La Foire internationale d’Alger (FIA 2025), organisée en juin, s’est imposée comme l’un des plus importants carrefours économiques régionaux, offrant une véritable plateforme stratégique aux entreprises nationales et internationales.
Rencontres B2B, accords de partenariat, transferts de savoir-faire : la manifestation a illustré la montée en gamme de l’économie algérienne et son attractivité croissante.
En novembre, la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025) a constitué un tournant continental majeur.
Organisée en partenariat avec l’Afreximbank, elle a projeté l’Algérie au cœur des dynamiques commerciales africaines, avec des perspectives concrètes en matière d’investissement, d’exportations et d’intégration régionale.
À cela s’ajoutent des événements sectoriels structurants comme Batimatec 2025 pour le bâtiment et les travaux publics, le SIPSA Filaha pour l’agriculture et l’agro-industrie, ou encore Dentex pour la santé dentaire.
Autant de secteurs en mutation, certains encore en phase de structuration, d’autres déjà lancés à pleine vitesse.
Pris ensemble, ces rendez-vous ne relèvent pas du hasard.
Ils forment un instantané révélateur d’un choix stratégique assumé : celui de la diversification économique.
Une orientation qui a commencé à prendre corps avec le plan de relance économique lancé en août 2020 par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, moins d’un an après son élection.
À l’époque, l’ambition pouvait sembler audacieuse, voire risquée.
Car remettre en question un modèle économique fondé, depuis l’indépendance, sur la rente des hydrocarbures relevait presque du tabou.
Il fallait en effet bien plus qu’un discours politique pour briser cette dépendance structurelle.
Il fallait une vision, une volonté politique affirmée, mais aussi un changement profond dans la culture de gestion, dans les mécanismes de décision et dans la relation entre l’État, l’entreprise et l’investissement.
La transformation ne pouvait être immédiate, ni spectaculaire.
Elle ne pouvait être que progressive, fondée sur des réformes, des ajustements et, surtout, une constance dans l’action.
La décantation, justement, ne s’est pas faite par miracle.
Elle s’est opérée par la fixation de caps clairs, par la mise en place de politiques sectorielles cohérentes et par un suivi rigoureux des résultats.
La question de la sécurité alimentaire en constitue l’un des exemples les plus parlants.
En quelques années, l’Algérie est parvenue à réduire certaines dépendances critiques, à structurer ses filières agricoles et à inscrire l’agriculture dans une logique de souveraineté et de durabilité.
Mais la démonstration la plus éclatante de cette décantation économique reste sans doute le projet de Ghar Djebilet.
Ce géant minier, de dimension mondiale, symbolise à lui seul le basculement vers une économie productive, industrielle et exportatrice.
En s’appuyant sur ce potentiel stratégique, l’Algérie se positionne désormais comme un acteur clé du marché international du fer, rompant avec l’image réductrice d’une économie exclusivement pétrolière.
Ghar Djebilet n’est pas seulement un projet minier.
Il est la preuve que la vision, lorsqu’elle est accompagnée de ténacité et de patience, peut produire des résultats concrets.
Il incarne cette nouvelle trajectoire où l’investissement structurant, la valorisation des ressources nationales et l’intégration aux chaînes de valeur mondiales deviennent des leviers de développement.
En définitive, l’année 2025 aura confirmé que la transformation économique de l’Algérie est entrée dans une phase de maturité.
Les défis restent nombreux, les équilibres fragiles et les attentes élevées.
Mais une chose est désormais acquise : la décantation est en cours.
Elle demande du temps, de la rigueur et une volonté de fer.
Des vertus rares, certes, mais indispensables pour construire une économie affranchie de ses dépendances et tournée vers l’avenir.
A.M
