La Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) franchit une étape décisive dans son vaste programme de modernisation numérique, marquant un tournant majeur dans la simplification des procédures administratives et l’amélioration de la qualité des services rendus aux citoyens.
En ce mois de décembre, une série de nouvelles mesures concrètes vient confirmer l’engagement des pouvoirs publics à bâtir une administration plus fluide, plus efficace et résolument tournée vers l’usager.
L’annonce phare concerne la suppression de pas moins de 27 documents administratifs en version papier, qui ne sont désormais plus exigés des assurés sociaux.
Cette avancée significative a été rendue possible grâce à la mise en place d’un nouveau système d’échange interne et sécurisé des données, permettant aux différentes structures relevant du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale de partager les informations de manière électronique, sans que l’usager n’ait à effectuer de multiples déplacements.
S’exprimant sur les ondes de la Radio nationale (Chaîne Une), le directeur central chargé de la modernisation et des systèmes d’information de la CNAS, M. Yahia Rassoul, a souligné que ces nouvelles procédures de gestion numérique sont entrées en application depuis le début du mois.
Leur objectif est clair : faciliter, accélérer et fluidifier le traitement des dossiers, tant pour les agents de la CNAS que pour les assurés.
Jusqu’à récemment, les citoyens étaient contraints de collecter eux-mêmes divers documents auprès de plusieurs administrations afin de bénéficier des prestations de la CNAS.
Désormais, explique le responsable, ces documents sont échangés directement entre les services concernés, dans le cadre d’une interconnexion numérique progressive.
« C’est un gain considérable en temps, en effort et en efficacité », affirme-t-il, tout en soulignant l’impact positif de cette réforme sur la qualité du service public.
Cette avancée s’inscrit dans une vision stratégique globale portée par le ministère du Travail, qui fait de la numérisation une priorité absolue, conformément aux orientations des plus hautes autorités de l’État visant à moderniser l’administration et à rapprocher les services publics des citoyens.
La CNAS apparaît ainsi comme l’un des acteurs les plus avancés dans ce processus de transformation numérique.
Les résultats enregistrés sur le terrain témoignent de l’adhésion massive des usagers à cette nouvelle approche.
À ce jour, plus de 3,5 millions de comptes ont été créés sur l’application numérique « El-Hanna », devenue un outil central dans la gestion des prestations sociales.
Cette plateforme permet aux assurés d’accéder à l’ensemble de leurs documents administratifs, de consulter leur situation, de télécharger des attestations d’affiliation, de suivre leur consommation de médicaments ou encore de déposer une demande pour l’obtention ou le renouvellement de la carte Chifa.
L’application El-Hanna offre également la possibilité d’enregistrer à distance les demandes de congé de maternité.
À ce propos, M. Yahia Rassoul a révélé que près de 65 000 demandes ont été déposées via la plateforme depuis l’entrée en vigueur de la loi 25-08 de juillet 2025, qui a porté la durée du congé de maternité à 150 jours.
Un indicateur fort de l’efficacité du numérique dans la prise en charge de dossiers sensibles et socialement importants.
Autre avancée notable : la mise à jour et la validation de la carte Chifa, désormais possibles au niveau de plus de 12 000 pharmacies conventionnées à travers le pays.
Selon les chiffres communiqués, plus de 3 millions d’opérations ont été enregistrées au cours des six derniers mois, illustrant l’ampleur de l’utilisation de ce service et son impact direct sur la réduction des démarches administratives.
Au-delà de la CNAS, le secteur du Travail déploie aujourd’hui plus de 30 plateformes numériques, donnant accès à plus de 100 services électroniques en ligne.
Cette digitalisation massive a permis de limiter considérablement les déplacements des citoyens vers les agences physiques, tout en accélérant le traitement des demandes et en améliorant la transparence.
Pour autant, le processus de numérisation reste en cours et appelle à de nouveaux défis.
Parmi les objectifs prioritaires figurent la réduction progressive des files d’attente au niveau des agences et la généralisation des services à distance.
« L’administration doit être au service du citoyen », insiste M. Yahia Rassoul, rappelant que la modernisation ne se limite pas à l’outil technologique, mais implique également un changement de culture organisationnelle.
Cette transition nécessite, selon lui, un investissement soutenu dans la formation du personnel, afin de garantir une maîtrise optimale des nouveaux systèmes et d’ancrer durablement la culture du numérique au sein des institutions.
Il a également reconnu que certaines structures régionales ou certains services ne sont pas encore totalement intégrés au système d’échange de données, ce qui explique l’accélération actuelle du programme.
À terme, le ministère du Travail ambitionne de mettre en place un système informatique moderne, interconnecté et sécurisé, capable d’assurer non seulement l’échange instantané des documents administratifs, mais aussi la protection rigoureuse des données personnelles des assurés, un enjeu central à l’ère du numérique.
En multipliant les réformes concrètes et les outils digitaux, la CNAS confirme ainsi sa volonté de rompre avec les lourdeurs bureaucratiques du passé et de bâtir une administration sociale plus proche, plus réactive et plus efficace. Une transformation progressive mais déterminante, qui redessine en profondeur la relation entre l’État et le citoyen, au bénéfice d’un service public modernisé et accessible à tous.
A.M
