La sécurité juridique constitue aujourd’hui l’un des piliers fondamentaux des réformes économiques engagées par l’Algérie, affirme l’économiste Lynda Bendjiane, soulignant que la confiance demeure le moteur essentiel de l’investissement et un levier décisif pour une croissance durable et inclusive.
Cette analyse a été développée lors d’un colloque national consacré à la sécurité juridique et à son impact sur le développement économique, organisé au Centre international de conférences (CIC) Abdelatif-Rahal à Alger, sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Cette rencontre de haut niveau, initiée par le ministère de la Justice et l’Ordre national des avocats, en coordination avec l’Union nationale des entrepreneurs publics (UNEP) et le Conseil de renouveau économique algérien (CREA), a réuni responsables institutionnels, magistrats, juristes, avocats et acteurs économiques autour d’un enjeu central : faire du droit un vecteur de stabilité et de compétitivité économique.
Selon Lynda Bendjiane, la sécurité juridique repose sur plusieurs principes fondamentaux, notamment la stabilité des textes législatifs, la clarté et la simplification des procédures administratives, la prévisibilité des décisions judiciaires et la protection effective des droits des opérateurs économiques.
Elle estime que l’absence de ces garanties fragilise l’initiative entrepreneuriale et freine l’engagement des investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers.
L’économiste met également en lumière le lien étroit entre la performance économique et l’efficacité du système judiciaire.
Une justice moderne, indépendante et efficiente permet, selon elle, de réduire les risques juridiques, de prévenir les conflits commerciaux et d’assurer l’exécution des contrats dans des délais raisonnables.
À l’inverse, l’insécurité juridique alimente la défiance, favorise l’économie informelle et constitue un frein structurel au développement.
Abordant les réformes en cours, Lynda Bendjiane souligne que les pouvoirs publics ont engagé plusieurs chantiers ambitieux visant à moderniser l’appareil judiciaire, à renforcer la spécialisation des juridictions économiques et à améliorer l’accès au droit pour les entreprises.
Ces efforts traduisent, selon elle, une vision globale qui place le droit au cœur de l’accompagnement des politiques économiques nationales.
Elle insiste également sur le rôle central des avocats dans la sécurisation des relations économiques.
Acteurs de proximité avec les entreprises et les investisseurs, les avocats contribuent à prévenir les litiges, à renforcer la conformité juridique et à diffuser une culture de l’anticipation et de la bonne gouvernance.
Pour les entreprises publiques comme privées, conclut l’économiste, la sécurité juridique n’est plus une option mais une exigence stratégique.
Elle conditionne la réussite des projets structurants, la transparence de la gouvernance et l’attractivité globale du climat des affaires en Algérie.
A.M
