Drones israéliens fabriqués au Maroc : Une militarisation aux lourdes implications régionales

dknews
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L’inauguration d’une usine de production de drones israéliens au Maroc marque une nouvelle étape dans la coopération militaire entre Rabat et Tel-Aviv, suscitant de vives interrogations quant à ses implications sécuritaires et géopolitiques.

Implantée à Benslimane, à une cinquantaine de kilomètres de Casablanca, cette unité industrielle est spécialisée dans la fabrication de drones à vocation d’espionnage, de surveillance et d’attaque.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des accords conclus en 2021 lors de la visite de l’ancien ministre israélien de la Défense, Benny Gantz.
L’usine est opérée avec le concours de BlueBird Aero Systems, filiale d’Israel Aerospace Industries (IAI), et produira notamment les drones SpyX, réputés pour leur capacité de surveillance de longue durée et leurs frappes ciblées.
Outre les SpyX, d’autres systèmes tactiques seront fabriqués, renforçant les capacités de reconnaissance, de renseignement et d’interception des Forces armées royales marocaines (FAR).
Une évolution qui soulève de sérieuses préoccupations, tant sur le plan régional que sur celui du respect du droit international.
Selon plusieurs observateurs, cet arsenal ne répond pas à des besoins strictement défensifs.
Il servirait principalement à renforcer le contrôle militaire du Maroc sur le Sahara occidental, où les essais de drones ont été signalés dans la région de Smara, transformée en véritable laboratoire militaire.

Le rapport 2025 du Bureau sahraoui de coordination de l’action contre les mines (SMACO) fait état de 123 attaques de drones ayant causé la mort de plus de 160 personnes, principalement des civils sahraouis. Ces chiffres alarmants ont été dénoncés par plusieurs organisations internationales, dont Who’s Profits, qui pointe une complicité implicite des entreprises impliquées.
La coopération maroco-israélienne s’étend également à l’espace, avec l’intégration de technologies de satellites espions Ofek 13, en partenariat avec des groupes européens comme Airbus et Thales.
Par ailleurs, des cadres des FAR marocaines bénéficient de formations en Israël afin de développer une expertise locale en matière de défense technologique.
Cette orientation militaire contraste fortement avec le discours officiel du Maroc se présentant comme un acteur de paix et de stabilité régionale.
De nombreuses voix estiment que cette alliance renforce une logique expansionniste et accentue les tensions avec les pays voisins, notamment l’Algérie.
Sur le plan interne, les conséquences de cette normalisation militaire suscitent également une contestation croissante.
Des associations de la société civile dénoncent la cession progressive de la souveraineté nationale et les retombées économiques et sociales négatives pour la population marocaine.
La fabrication de drones israéliens au Maroc apparaît ainsi comme le symbole d’un choix stratégique lourd de conséquences, tant pour la stabilité régionale que pour l’avenir du peuple marocain, de plus en plus exposé aux répercussions d’une politique sécuritaire controversée.
A.M

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