La ville de Biskra a abrité, hier, un séminaire national d’envergure consacré à la prévention de la toxicomanie et à la lutte contre l’addiction à la drogue, un phénomène aux conséquences sociales, sanitaires et sécuritaires de plus en plus préoccupantes.
Organisée au Centre de recherche scientifique et technique sur les régions arides (CRSTRA), cette rencontre a rassemblé une diversité d’acteurs issus des milieux académique, médical, religieux, associatif et judiciaire, illustrant la volonté d’aborder ce fléau de manière globale et multidimensionnelle.
Dans son allocution d’ouverture, Mme Djoumana Sayeh, membre de l’association culturelle et citoyenne Biskra lit, initiatrice de l’événement, a insisté sur la nécessité d’une responsabilité collective face à la prolifération de la drogue et des comportements addictifs.
Elle a souligné que la lutte contre ce phénomène ne peut se limiter à des approches isolées, appelant à une union des efforts, à la multiplication des initiatives de sensibilisation et à une mobilisation permanente de l’ensemble des composantes de la société.
« Il ne faut ni minimiser les dangers actuels ni sous-estimer les menaces futures », a-t-elle averti, mettant particulièrement l’accent sur la vulnérabilité des jeunes.
Les débats ont mis en évidence l’importance d’ouvrir des espaces de dialogue et d’instaurer des échanges constructifs entre spécialistes, institutions et citoyens, afin de mieux comprendre les causes profondes de l’addiction et d’identifier des solutions durables pour en freiner la propagation.
Des universitaires et chercheurs spécialisés en sociologie et en psychologie ont présenté des analyses approfondies sur les facteurs sociaux, familiaux et économiques favorisant la dépendance, tandis que des médecins ont exposé les impacts dévastateurs de la drogue sur la santé physique et mentale.
La dimension spirituelle et morale n’a pas été occultée, avec la participation d’imams qui ont souligné le rôle de l’éducation religieuse et des valeurs éthiques dans la prévention des conduites à risque. Par ailleurs, des représentants des autorités judiciaires ont abordé le cadre légal et les mécanismes de prise en charge des toxicomanes, plaidant pour une approche qui allie répression des réseaux criminels et accompagnement thérapeutique des personnes dépendantes.
L’un des moments forts du séminaire a été la présentation de témoignages de personnes ayant souffert de l’addiction et ayant réussi à s’en libérer.
Ces récits ont suscité une vive émotion et ont servi de preuve tangible que la guérison est possible, tant à l’échelle individuelle que collective, lorsque l’accompagnement adéquat est assuré.
Plusieurs associations actives dans le domaine de la prévention ont pris part à cette rencontre, aux côtés des représentants du Centre intermédiaire de soins en addictologie de Biskra, renforçant la synergie entre les structures publiques et le tissu associatif. Ce séminaire s’est ainsi imposé comme une plateforme de réflexion et d’action, traduisant la volonté de faire de la prévention un pilier essentiel dans la lutte contre la drogue et l’addiction.
A.M
