Le dossier du raccordement des ports algériens à l’autoroute Est-Ouest connaît une avancée décisive.
Après plusieurs années de stagnation, le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base a officiellement engagé les démarches administratives et techniques nécessaires à la relance de ces projets structurants, considérés comme essentiels pour la fluidité du transport, la compétitivité économique et la désaturation des villes côtières.
L’annonce a été faite par le ministre Abdelkader Djellaoui lors d’une séance plénière du Conseil de la nation consacrée aux questions orales.
Il a affirmé que la relance des projets de raccordement des ports de Ténès et de Skikda à l’autoroute Est-Ouest figure désormais parmi les priorités du secteur, dans une vision globale visant à renforcer la logistique nationale et à optimiser les chaînes de transport des personnes et des marchandises.
Concernant le projet de raccordement du port de Ténès, long de 54 kilomètres, le ministre a précisé qu’il est scindé en deux tronçons distincts.
Le premier, reliant Bouzeghaïa à l’autoroute Est-Ouest au niveau d’Oued Sly sur une distance de 22 kilomètres, avait atteint un taux d’avancement de 52 % avant l’arrêt des travaux.
La résiliation du contrat, intervenue le 11 février 2025, a été motivée par le non-respect des engagements contractuels et les difficultés financières du groupement chargé de la réalisation.
La Société algérienne des autoroutes (ADA) a, depuis, engagé les procédures administratives et juridiques nécessaires en vue de relancer le projet.
Un nouvel appel d’offres est en préparation, avec une première réalisation prioritaire portant sur une portion de 10 kilomètres jusqu’à Ouled Farès, en attendant la réévaluation financière du reste de la section.
Le second tronçon, reliant directement le port de Ténès à Bouzeghaïa sur 32 kilomètres, sera inscrit dans les prochaines lois de finances.
Une étude technique approfondie, confiée à la direction des travaux publics de la wilaya de Chlef, affiche un taux d’avancement de 90 %, avec une réception prévue au premier semestre 2026.
Cette étape est jugée déterminante pour assurer la viabilité technique et financière du projet.
S’agissant de la pénétrante reliant l’autoroute Est-Ouest au port de Skikda sur une distance de 31 kilomètres, le ministre a indiqué que les efforts se poursuivent afin de lever les réserves techniques et d’obtenir l’approbation du dossier par la commission sectorielle des marchés publics.
Cette validation ouvrira la voie au lancement prochain d’un nouvel appel d’offres, après la résiliation, en février 2025, du contrat initialement confié à un groupement algéro-portugais.
Le projet était totalement à l’arrêt depuis 2020, avec un taux d’avancement de seulement 39 %.
Le ministre a reconnu que les retards accumulés sont principalement dus à un mauvais démarrage des projets, notamment dans le choix des entreprises de réalisation.
Il a toutefois assuré que l’année 2026 marquera un tournant, avec la relance de plusieurs projets structurants à fort impact économique et social.
Dans cette dynamique, Djellaoui a également évoqué le lancement de projets d’envergure complémentaires, tels que la ligne ferroviaire Laghouat–El Meniaâ, financée par la Banque africaine de développement, ainsi que la future étude technique globale pour la création d’accès et d’échangeurs dans la région de Stita, à Sétif, afin de répondre à une forte demande de mobilité.
Enfin, le ministre a rappelé la réception imminente de la ligne ferroviaire minière, soulignant que l’ensemble de ces projets s’inscrit dans une vision intégrée visant à renforcer l’attractivité économique du pays, améliorer la logistique portuaire et consolider le rôle stratégique de l’Algérie comme hub régional de transport et d’échanges.
A.M
