ÉDITORIAL DK NEWS DU JOUR Qualité de vie : quand le bien-être devient un impératif de gouvernance

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Longtemps cantonnée à une approche philosophique ou individuelle, la notion de qualité de vie s’est progressivement imposée comme un indicateur central du développement des sociétés modernes. Bien au-delà du simple confort matériel ou de la satisfaction des besoins élémentaires, elle renvoie aujourd’hui à une vision globale du bien-être humain, intégrant des dimensions sociales, sanitaires, environnementales, économiques et culturelles.
À mesure que les États réévaluent leurs priorités, la qualité de vie n’apparaît plus comme un luxe, mais comme un enjeu sociétal majeur et un véritable levier de stabilité et de prospérité.

C’est dans cette perspective que s’inscrit l’ouverture du premier Forum national d’étude sur la qualité de la vie, organisé récemment au palais de la Culture Moufdi-Zakaria. En initiant cet espace de réflexion et de débat, les pouvoirs publics affichent une volonté claire : replacer le citoyen au cœur des politiques publiques et repenser le développement à l’aune de son impact réel sur le quotidien des Algériens.
La présence de la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, aux côtés de plusieurs membres du gouvernement, confère à cette rencontre une portée symbolique forte, traduisant la reconnaissance officielle de ce concept comme pilier de l’action publique. Dans les pays industrialisés, la qualité de vie est depuis longtemps érigée en principe de gouvernance. Elle guide les choix en matière d’aménagement du territoire, de transport, de santé publique, d’éducation ou encore de protection de l’environnement. L’Algérie, engagée dans une dynamique de développement durable, ne peut se contenter d’une lecture strictement économique de la croissance. Les indicateurs chiffrés, aussi importants soient-ils, ne sauraient à eux seuls traduire le progrès réel s’ils ne s’accompagnent pas d’une amélioration tangible du cadre de vie et du bien-être collectif.

À ce titre, le facteur humain demeure central.
Le chef de l’État n’a eu de cesse de rappeler que le développement n’a de sens que s’il profite directement au citoyen. Un environnement sain, un système de santé performant, une école de qualité, des infrastructures de transport efficaces, des espaces de loisirs accessibles et un urbanisme harmonieux constituent autant de composantes indissociables d’une vie équilibrée. Ces secteurs ne peuvent évoluer de manière cloisonnée : leur interaction conditionne la perception positive que le citoyen a de son environnement et, partant, son sentiment d’appartenance et de confiance envers les institutions.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la qualité de vie est une notion à la fois large et profondément subjective. Elle se mesure à travers le ressenti des individus : la capacité à se projeter, à concrétiser des projets, à entretenir des relations sociales harmonieuses, à éprouver des émotions équilibrées et à trouver un sens à sa vie professionnelle et personnelle.
En ce sens, la qualité de vie constitue le cadre, tandis que la vie de qualité en est l’expression concrète, vécue au quotidien.

Cette distinction rappelle une évidence souvent négligée : améliorer la qualité de vie ne se limite pas à multiplier les infrastructures ou les programmes sectoriels. Il s’agit d’adopter une approche globale et cohérente, fondée sur la durabilité.
Car la qualité de vie d’aujourd’hui ne doit pas se construire au détriment de celle des générations futures. Elle s’inscrit dans le même registre que le développement durable, qui impose de satisfaire les besoins présents sans compromettre l’équilibre social, économique et environnemental de demain.
À l’heure où les sociétés font face à des défis multiples « urbanisation accélérée, pressions environnementales, mutations économiques et attentes sociales croissantes » la qualité de vie s’impose comme un baromètre essentiel de la réussite des politiques publiques.
Pour l’Algérie, en faire un axe stratégique n’est pas seulement un choix politique : c’est une nécessité pour bâtir une société plus juste, plus équilibrée et résolument tournée vers l’avenir.
A.M

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