Les travaux de la 10ᵉ édition des Assises nationales des commissaires aux comptes, ouverts lundi à Alger, ont mis en lumière le rôle stratégique de cette profession dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le renforcement de la gouvernance financière.
Organisée par la Chambre nationale des commissaires aux comptes (CNCC), cette rencontre a réuni des experts nationaux et internationaux issus du domaine financier, juridique et institutionnel.
Les participants ont souligné que la mission du commissaire aux comptes ne se limite plus au contrôle et à la certification des états financiers.
Elle s’inscrit désormais dans une approche globale de prévention, fondée sur l’évaluation des risques, l’analyse des opérations économiques et la détection des transactions suspectes ou économiquement injustifiées.
À cette occasion, le président de la CNCC, M. Mohamed Yahiaoui, a affirmé que l’Algérie dispose de toutes les capacités nécessaires pour sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) dans les plus brefs délais.
Il a insisté sur l’importance de la formation continue des professionnels, de l’unification de l’interprétation des textes législatifs et réglementaires, ainsi que de l’adoption de méthodes de contrôle proactives, conformes aux recommandations internationales.
De son côté, le directeur général de l’École supérieure de la magistrature, M. Abdelkrim Djadi, a mis en avant l’évolution significative du rôle du commissaire aux comptes.
Il a souligné que ce dernier est désormais appelé à intervenir dans des environnements financiers complexes, marqués par la multiplication des montages transfrontaliers et des instruments financiers sophistiqués.
M. Djadi a également évoqué les défis liés à la distinction entre le secret professionnel et l’obligation de déclaration des opérations suspectes, appelant à la numérisation des canaux de déclaration et au renforcement de la coordination entre les différentes institutions concernées.
Pour sa part, Mme Maya Sahli-Fadel, professeure de droit à l’Université d’Alger, a mis en avant l’existence d’un arsenal juridique solide permettant à l’Algérie de sortir de la liste grise de la GAFI.
Elle a toutefois insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts, de renforcer la coordination interinstitutionnelle et d’harmoniser les visions et les pratiques des différents acteurs.
Les assises ont également été marquées par la présentation du « Livre blanc » élaboré par la CNCC, un document stratégique visant à proposer des recommandations concrètes pour renforcer le dispositif national de lutte contre le blanchiment d’argent.
La rencontre se poursuit jusqu’à mardi, avec la participation d’un large éventail d’acteurs institutionnels, économiques et académiques, confirmant l’importance accordée à cette problématique au niveau national.
A.M
