La chute drastique de l’aide alimentaire risque d’impacter lourdement les milliers de congolais réfugiés au Burundi, alerte, lundi, le Programme alimentaire mondial (PAM).
Asphyxié par de graves déficits de financement, le PAM a déjà amputé de 25% les rations alimentaires destinées aux réfugiés au Burundi, alors que le pays fait face à un afflux massif de Congolais fuyant le regain de violence au Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’agence onusienne, des rations ramenées à 75% ne couvrent en réalité que la moitié des besoins alimentaires minimaux. Une nouvelle baisse à 50% signifierait que les réfugiés ne recevraient plus qu’un quart de ces besoins essentiels.
« Ce scénario compromettrait gravement les objectifs humanitaires visés », a averti le PAM dans son dernier rapport, soulignant que la situation pourrait encore se détériorer, au point de menacer la survie de milliers de réfugiés à l’aube de 2026.
Déjà réduites de trois quarts, les rations placent désormais le PAM face à une rupture imminente de l’approvisionnement, attendue dès janvier 2026. Une perspective qui met en péril la continuité de l’aide alimentaire. « Le déficit de financement actuel et la rupture de l’approvisionnement qui en résulte limitent également la capacité d’action du PAM », alerte l’agence.
Faute de financements supplémentaires dans les prochains jours, une nouvelle réduction des rations pourrait devenir la solution de dernier recours, bien que non recommandée par le PAM.
Pour éviter un tel scénario, le PAM estime avoir besoin de plus de 21 millions de dollars afin d’assurer une ration complète à 172.000 réfugiés, anciens et nouveaux, entre janvier et juin 2026. Sur ce montant, 14 millions de dollars seraient nécessaires pour maintenir l’aide alimentaire destinée aux seuls 92.000 nouveaux arrivants.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 94.000 réfugiés sont entrés au Burundi en l’espace de deux semaines, faisant plus que doubler la population réfugiée, désormais estimée à 174.000 personnes. Un afflux qui aggrave encore une situation humanitaire déjà extrêmement fragile.
