Réforme des subventions : L’État cible enfin les ménages les plus vulnérables

dknews
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Le gouvernement algérien amorce un tournant majeur dans la politique des subventions, mettant fin à une ère de soutien généralisé pour entrer dans une logique de ciblage précis et équitable.

Les subventions ne seront désormais plus distribuées de manière universelle, mais concentrées sur les ménages les plus vulnérables, ceux dont le pouvoir d’achat est le plus affecté par la crise économique et l’inflation galopante.

Cette réorientation stratégique vise à rationaliser la dépense publique et à renforcer l’efficacité des aides sociales.

En adoptant une approche ciblée, l’État souhaite garantir que les subventions atteignent effectivement ceux qui en ont le plus besoin, tout en réduisant le gaspillage et les allocations indûment perçues.

Selon le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, cette réforme constitue « le pilier de la justice sociale », en assurant une transition progressive vers des transferts monétaires directs aux familles éligibles.

Le processus de réforme s’articule autour d’une structure administrative solide et rigoureuse.

Un Comité de pilotage placé sous l’autorité du ministre des Finances supervise l’ensemble du projet, appuyé par un Comité stratégique et sept commissions techniques spécialisées dans les aspects juridiques, réglementaires, informatiques et communicationnels.

L’objectif est d’établir un système fiable, transparent et sécurisé pour l’allocation des subventions.

La réussite de cette réforme repose également sur l’achèvement de la transformation numérique.

Le gouvernement mise sur l’interconnexion des bases de données de plusieurs secteurs clés : Solidarité nationale, caisses de Sécurité sociale, Administration fiscale, Registre du commerce et services de l’État civil.

Ce maillage numérique permettra d’établir un diagnostic précis de la situation socioéconomique de chaque foyer et d’identifier les bénéficiaires légitimes selon des critères objectifs tels que le revenu, le statut professionnel, la situation sociale et le pouvoir d’achat réel.

Le ministre des Finances a précisé que l’approche adoptée serait graduelle.

La révision des prix des produits subventionnés s’effectuera en parallèle avec la mise en place des transferts monétaires compensatoires, afin de préserver le pouvoir d’achat des classes moyennes et fragiles et de garantir la stabilité du marché.

L’objectif est de conjuguer justice sociale et rigueur budgétaire, tout en améliorant la gouvernance financière et en luttant contre les gaspillages.

Au-delà de l’aspect économique, cette réforme a une portée stratégique.

Elle s’inscrit dans une vision globale visant à encourager la concurrence, soutenir la transition énergétique et préserver les ressources naturelles.

Elle permettra également de réduire les doubles bénéfices indus et les pratiques abusives, contribuant à une gestion plus équitable et transparente des deniers publics.

Face aux tensions budgétaires et aux critiques des anciennes pratiques, le gouvernement adopte désormais une politique de « tolérance zéro » contre le gaspillage.

L’efficacité de cette réforme sera renforcée par un suivi rigoureux et des évaluations régulières pour ajuster les allocations et corriger toute dérive dans la distribution des aides.

En conclusion, cette réforme ambitieuse marque une étape décisive dans l’évolution du système de subventions en Algérie.

Elle traduit la volonté de l’État de concilier protection sociale et rigueur budgétaire, en mettant les moyens technologiques et humains au service d’une allocation plus équitable et ciblée des aides publiques.

Pour le ministre Abdelkrim Bouzred, cette approche participative implique tous les acteurs économiques et sociaux, garantissant ainsi que les subventions ne servent plus de manière indiscriminée, mais contribuent réellement à soutenir les ménages les plus vulnérables.

A.M

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