Le Caire a accueilli les 19 et 20 décembre 2025 la deuxième conférence ministérielle du Forum de partenariat Afrique-Russie, un événement qui a réaffirmé le rôle central de l’Algérie dans la promotion de partenariats solides et équilibrés sur le continent africain et au-delà.
La Déclaration finale de cette rencontre, conjuguée à l’allocution du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, témoigne d’une convergence remarquable des vues et des approches, traduisant la cohérence et la constance de la position algérienne sur les grandes questions africaines et internationales.
La conférence a mis en lumière une parfaite harmonie entre l’appel à l’élimination de la colonisation et du néocolonialisme, exprimé dans la Déclaration finale, et l’engagement ferme de l’Algérie en faveur de la justice historique.
M. Attaf a rappelé que l’Algérie, qui a récemment organisé une conférence internationale dédiée à la criminalisation juridique de la colonisation, soutient sans réserve l’institution d’une journée internationale de lutte contre ce phénomène, qu’il a qualifié de « honteux et incompatible avec les valeurs contemporaines et futures ».
Cette convergence souligne la volonté de l’Algérie de défendre la mémoire historique des peuples africains et de garantir leurs droits légitimes à réparation. La Déclaration finale a également insisté sur le thème de l’Union africaine pour 2025 : « Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations ». Cette thématique, jugée particulièrement pertinente, s’inscrit dans l’esprit de l’époque et renforce la nécessité d’une action collective pour préserver la mémoire historique des crimes coloniaux et de leurs conséquences, ainsi que pour mettre en place des mécanismes juridiques capables d’évaluer et de réparer les préjudices subis par les États africains.
Un autre point central de la conférence a été le respect des principes de souveraineté nationale et le rejet de toute ingérence extérieure.
La Déclaration finale a souligné l’importance de promouvoir le droit international et d’écarter toute approche susceptible de compromettre la stabilité du continent africain.
Elle a insisté sur la primauté des solutions africaines aux défis africains, tout en reconnaissant le rôle de soutien que peuvent jouer les partenaires internationaux lorsque cela s’avère nécessaire, et en condamnant fermement toute intervention extérieure dans l’alimentation des conflits sur le continent.
Dans ce cadre, M. Attaf a réaffirmé que le partenariat Afrique-Russie doit viser le renforcement des capacités nationales, le rejet des ingérences étrangères et la promotion de solutions politiques et pacifiques aux crises.
L’accent mis sur le fait de privilégier les solutions africaines traduit une conviction commune : les pays africains doivent être les acteurs principaux dans la conduite des efforts de règlement, en dehors des approches imposées par l’extérieur, dont les limites ont été démontrées dans la gestion des défis sécuritaires et politiques sur le continent.
L’Algérie a également salué l’engagement afro-russe en faveur du principe des solutions africaines aux problèmes africains, dans un contexte marqué par l’exacerbation des menaces terroristes et la multiplication des foyers de tension.
La convergence entre la Déclaration finale et l’approche algérienne en matière de lutte contre le terrorisme est particulièrement notable, notamment à travers l’accent mis sur le dialogue permanent, la lutte contre le financement du terrorisme et l’adoption de stratégies intégrées, incluant les dimensions sécuritaires, intellectuelles et de développement, au lieu de réponses ponctuelles et limitées.
La Déclaration finale a également reconnu le rôle crucial du groupe des trois pays africains (A3) au Conseil de sécurité de l’ONU, saluant leurs contributions au renforcement de la paix et de la sécurité internationale et régionale.
Elle a insisté sur la nécessité d’une participation plus équitable des pays africains dans la définition et la mise en œuvre des politiques relatives à la paix et à la sécurité sur le continent, affirmant l’importance d’une meilleure représentation africaine dans l’élaboration des documents et décisions internationaux.
Au-delà de la diplomatie et des mécanismes institutionnels, le forum a illustré le rôle de l’Algérie en tant qu’acteur stratégique capable de rapprocher les positions africaines et russes sur des enjeux globaux.
L’approche algérienne, fondée sur le respect de la souveraineté, la promotion de solutions africaines et l’adoption de réponses multidimensionnelles aux crises, s’inscrit dans une vision claire de coopération internationale fondée sur l’équilibre et la responsabilité partagée.
En somme, cette deuxième conférence ministérielle du Forum Afrique-Russie a consacré la place de l’Algérie comme acteur pivot dans la consolidation des partenariats africains et internationaux.
Par sa diplomatie proactive, son engagement en faveur de la justice historique et son rôle dans la promotion de solutions africaines aux défis du continent, l’Algérie démontre sa capacité à influencer positivement les dynamiques internationales tout en restant fidèle à ses principes de souveraineté, de justice et de paix.
L’événement du Caire marque ainsi une étape clé pour le renforcement de la coopération Afrique-Russie et réaffirme la position de l’Algérie comme pilier de la diplomatie africaine et mondiale, capable de concilier intérêts nationaux, justice historique et solutions globales aux défis contemporains.
A.M
