33e Foire de la production algérienne : L’exportation s’impose comme le nouveau moteur des entreprises nationales

dknews
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La 33e édition de la Foire de la production algérienne (FPA) marque un tournant stratégique majeur dans le positionnement des entreprises algériennes, désormais résolument engagées sur la voie de l’exportation, en particulier vers les marchés africains.

Dans un contexte économique national marqué par la diversification des sources de croissance et la promotion des exportations hors hydrocarbures, la FPA s’impose comme bien plus qu’un simple espace d’exposition : elle devient un véritable carrefour d’opportunités, de négociations et de partenariats structurants.

Dans les allées de la foire, le constat est partagé par de nombreux exposants : la participation aux grands rendez-vous économiques, notamment la Foire commerciale intra-africaine (IATF), n’était pas une démarche symbolique ou institutionnelle, mais le point de départ d’une stratégie d’ouverture durable vers de nouveaux marchés.

Cette ambition se concrétise aujourd’hui à travers des visites de sites industriels, des discussions avancées et des conventions déjà signées, confirmant une inflexion profonde dans la vision des entreprises algériennes.

L’Afrique au cœur des stratégies d’exportation

Parmi les groupes illustrant cette dynamique, Giplait, acteur public de référence dans la production de lait et de produits laitiers, se distingue par une présence renforcée à la FPA.

Avec deux stands dédiés à ses produits phares et à une nouvelle gamme, le groupe a profité de l’événement pour conclure plusieurs conventions avec des entreprises partenaires également exposantes.

Ces accords traduisent une volonté affirmée de développer des synergies industrielles et commerciales, en phase avec les nouvelles orientations économiques du pays.

Même dynamique du côté de Bimo, leader algérien de la biscuiterie, de la chocolaterie et du cacao.

Pour le groupe, la FPA constitue un prolongement naturel des contacts noués lors de l’IATF.

« Nous avons récemment accueilli une délégation camerounaise qui a visité nos sites de production, notamment celui de Baba Ali », explique Amina Belaidi, chargée de communication du groupe.

L’objectif est clair : finaliser une convention d’exportation vers le Cameroun, avec, à terme, l’élargissement de ces partenariats à d’autres pays du continent africain.

Le groupe Labelle, spécialisé dans la fabrication et la commercialisation de produits alimentaires, enregistre également des avancées concrètes.

Mohamed Cherif Benghedfa, directeur commercial à Arwa (groupe La Belle), indique que des conventions ont été conclues avec des partenaires ougandais pour l’importation de grains de café, tandis que les produits du groupe « beurre, margarine, boissons gazeuses sucrées, jus et autres denrées » sont destinés à l’export.

Il souligne par ailleurs l’intérêt manifesté par des importateurs yéménites rencontrés à la FPA, ouvrant des perspectives au-delà du marché africain.

Ifri et la structuration d’une vision régionale

Le groupe Ifri, groupe familial algérien actif dans l’agroalimentaire, l’emballage et la logistique, considère sa participation à la Foire commerciale intra-africaine comme un véritable tournant stratégique.

Mourad Bouattou, président d’Algeria Clusters, président du cluster boisson agrologistique, chargé de mission et responsable des relations publiques du groupe, rappelle que plusieurs accords ont été signés, notamment dans le segment des boissons énergisantes, avec des partenaires africains.

Déjà présent dans près d’une dizaine de pays africains, le groupe Ifri ambitionne de renforcer son ancrage régional tout en développant de nouveaux segments, tels que l’agro-industrie, l’arboriculture et la transformation agricole.

À travers ses cinq filiales, le groupe affiche des performances notables à l’export.

Ifri Boissons commercialise des eaux minérales, boissons gazeuses, jus et boissons énergisantes.

Huileries Ouzellaguen, avec la marque Numidia, cumule cinq trophées internationaux, tandis que Général Plast exporte ses préformes PET et bouchons vers plusieurs pays africains.

ZLECAf : un levier stratégique à consolider

Dans le contexte de l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), largement évoquée lors de l’IATF et prolongée dans les débats de la FPA, les opérateurs économiques insistent sur un enjeu central : la structuration d’une politique logistique performante et intégrée.

Selon Mourad Bouattou, la réussite des exportations hors hydrocarbures repose sur une planification rigoureuse, capable d’accompagner la montée en puissance des flux commerciaux et d’améliorer la compétitivité des entreprises algériennes sur les marchés internationaux.

Cette stratégie passe par la massification et le groupage des marchandises afin d’optimiser les coûts, d’assurer une meilleure visibilité sur l’ensemble de la chaîne logistique et de répondre aux exigences d’un client final de plus en plus attentif à la qualité du service.

Elle implique également l’interfaçage des outils d’optimisation et d’exécution du transport, qu’il soit routier ou maritime, avec des plateformes intégrées de gestion des flux dédiées à l’exportation.

Une approche systémique permettrait ainsi de collecter et d’exploiter de manière dynamique les données issues des systèmes d’information des opérateurs économiques, de leurs partenaires et du CNIS, ventilées par volumes, tonnages, régions ou ports d’origine et de destination.

L’objectif affiché est la mise en place d’un portail collaboratif ouvert à l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique, garantissant la traçabilité des marchandises, le suivi des besoins réels et l’évaluation de la qualité de service.Logistique et nouvelles routes vers le Sahel

Dans cette dynamique, Béjaïa Logistique s’impose comme un acteur clé.

Avec un parc roulant de 900 camions, le groupe cible prioritairement les pays du Sahel et les nouvelles voies terrestres reliant ces marchés stratégiques.

Ses exportations atteignent près de 4 millions d’euros, couvrant 15 pays, avec l’ouverture de 11 nouveaux marchés par rapport à 2024.

Cette progression témoigne d’un marché en pleine expansion et d’opportunités croissantes liées au renforcement des partenariats régionaux.

Le groupe agro-industriel Agrodiv s’inscrit également dans cette trajectoire ascendante.

Après sa participation à l’IATF, il a pris part au Salon Fidak au Sénégal, où la signature prochaine d’une convention avec des partenaires sénégalais est envisagée, confirmant l’intérêt grandissant pour les produits algériens en Afrique de l’Ouest.

La FPA, catalyseur de la nouvelle dynamique exportatrice

À travers ces parcours d’entreprises, la Foire de la production algérienne s’affirme comme un véritable espace de consolidation économique.

Elle permet de transformer les engagements pris lors des grands rendez-vous continentaux en partenariats durables et en projets d’exportation concrets.

Plus qu’un événement commercial, la FPA devient ainsi un levier stratégique au service de la diversification économique, du renforcement de la présence algérienne en Afrique et de l’émergence d’un tissu industriel tourné vers l’international.

A.M

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