Plus de 84.000 personnes ont fui, depuis début décembre, les violences dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) pour trouver refuge au Burundi voisin, selon l’agence de l’ONU pour les réfugiés.
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit « profondément préoccupé » vendredi par la dégradation rapide des conditions d’accueil, conséquence directe de l’afflux de civils fuyant les combats entre les rebelles du groupe M23 et les forces armées congolaises dans l’est de la RDC.
Chaque jour, des milliers de personnes franchissent la frontière à pied ou en bateau, saturant des ressources locales déjà fragiles. Femmes et enfants constituent l’essentiel de ces nouveaux arrivants.
« Ils arrivent épuisés et gravement traumatisés, portant les marques physiques et psychologiques d’une violence terrifiante », a déclaré depuis Bujumbura Brigitte Mukanga-Eno, représentante du HCR au Burundi, lors d’un point de presse de l’ONU à Genève.
« Nos équipes ont rencontré des femmes enceintes qui ont déclaré ne pas avoir mangé depuis plusieurs jours », a-t-elle ajouté. Selon le HCR, plus de 200.000 Congolais résident désormais dans le pays, qui peine à les accueillir dans des conditions descentes.
Les centres de transit et les sites informels d’accueil ont depuis longtemps dépassé leurs capacités, parfois de près de 200 %, laissant des centaines de familles dans des conditions jugées intenables par le HCR.
Le HCR estime à plus de 47 millions de dollars les fonds nécessaires au cours des quatre prochains mois pour venir en aide à quelque 500.000 déplacés internes en RDC et jusqu’à 166.000 réfugiés au Burundi, au Rwanda et dans d’autres pays voisins.
« Nous connaissons une situation financière très difficile depuis le début de l’année. Et rien qu’en 2025, c’est la deuxième fois que le Burundi est confronté à cet afflux massif de réfugiés », a souligné Mme Mukanga-Eno. Sans un renforcement rapide des financements, prévient l’agence onusienne, l’aide continuera d’arriver au compte-gouttes.
Le Conseil de sécurité de l’ONU prolonge d’un an sa force de maintien de la paix
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté vendredi à l’unanimité une résolution visant à renouveler pour un an le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), soit jusqu’au 20 décembre 2026.
La résolution 2808 maintient le plafond autorisé de 11.500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1.270 membres des unités de police constitués pour cette mission.
Elle maintient également ses trois priorités clés : protection des civils, soutien au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration, ainsi qu’aide à la réforme du secteur de la sécurité.
La résolution condamne fermement l’offensive en cours du groupe armé M23 dans la province du Sud-Kivu, l’exhorte à cesser immédiatement ses opérations offensives et à les inverser.
Elle condamne fermement tous les groupes armés opérant en RDC, leurs violations du droit international humanitaire et d’autres lois internationales applicables, ainsi que leurs atteintes aux droits de l’Homme.
Elle exige par ailleurs que tous les groupes armés et leurs réseaux de soutien cessent immédiatement toute forme de violence et autres activités déstabilisatrices.
Enfin, la résolution exige que tous les membres des groupes armés se dissolvent immédiatement et définitivement, déposent les armes, renoncent à la violence, mettent fin et préviennent les violations et les abus commis à l’encontre des enfants et libèrent les enfants de leurs rangs.
