APN-Criminalisation de la colonisation : un acte souverain, une cause nationale immuable

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ALGERIA - CIRCA 1900: The Algerian War In Algeria. (Photo by Dominique BERRETTY/Gamma-Rapho via Getty Images)

La proposition de loi portant criminalisation de la colonisation française en Algérie s’impose aujourd’hui comme un acte politique, moral et historique majeur, dépassant largement le cadre d’une simple initiative parlementaire.

C’est le message fort délivré, samedi, par le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), M.Brahim Boughali, lors d’une séance plénière solennelle marquée par la présence de membres du Gouvernement et de représentants des organisations de la famille révolutionnaire.

Présentant le texte au nom des présidents des groupes parlementaires, M.Boughali a souligné que cette démarche traduit une volonté collective et transversale, affirmant que « la question de la criminalisation de la colonisation est la cause de tout un peuple », une cause où les clivages politiques s’effacent au profit d’une mémoire partagée et d’un devoir historique commun.

Pour lui, cette séance ne saurait être réduite à une formalité institutionnelle : elle constitue un acte souverain par excellence, une position morale explicite et un message politique clair adressé aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Le président de l’APN a insisté sur la portée symbolique et stratégique de cette initiative législative, estimant qu’elle incarne l’attachement indéfectible de l’Algérie à son droit imprescriptible, à la fidélité aux sacrifices consentis par son peuple et au message éternel de ses martyrs.

Il a affirmé que cette proposition de loi s’inscrit dans une dynamique de prise de conscience collective, mais également dans une étape charnière du parcours de l’Algérie moderne, où l’État renouvelle, à travers son institution législative, son engagement envers la Mémoire nationale et la conscience de l’Histoire.

Sur le fond, M.Boughali a expliqué que le texte repose sur une énumération rigoureuse des crimes coloniaux français, l’établissement clair de la responsabilité juridique et morale de l’État français dans son passé colonial, ainsi que la mise en place de mécanismes visant à la reconnaissance officielle de ces crimes et à la présentation d’excuses.

Il prévoit également des dispositions pénales criminalisant toute tentative de glorification ou de justification de la colonisation.

Toutefois, le président de l’APN a tenu à dissiper toute ambiguïté, soulignant que cette loi ne vise aucun peuple, ne cherche ni revanche ni attisement des rancœurs, mais s’appuie sur un principe universellement reconnu : les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles et ne sauraient être effacés par le silence ou le passage du temps.

« Les dossiers liés à ces crimes ne se ferment pas dans l’oubli », a-t-il martelé.

Revenant sur la réalité historique de la colonisation française en Algérie, M.Boughali a rappelé qu’il s’agissait d’un projet structuré de déracinement et d’expropriation, fondé sur la confiscation systématique des terres et des richesses, transformant l’Algérien en étranger sur sa propre terre.

Il a dénoncé les politiques délibérées d’appauvrissement, de famine et de marginalisation, conçues pour briser la volonté du peuple algérien, effacer son identité et rompre son lien avec ses racines historiques et civilisationnelles.

Ce projet colonial, a-t-il poursuivi, ne s’est pas limité au pillage économique, mais s’est étendu à des politiques d’exil, de déplacements forcés et de dépeuplement des villages.

Les centres de regroupement et camps imposés aux populations algériennes sont ainsi devenus de véritables instruments de contrôle collectif et de destruction du tissu social et culturel.

M.Boughali a également évoqué les massacres de masse et les crimes assimilables à des génocides commis durant la période coloniale, ayant fait des millions de victimes innocentes.

À cela s’ajoutent les essais nucléaires français menés dans le désert algérien, dont les conséquences sanitaires et environnementales continuent de peser lourdement sur les générations actuelles, constituant, selon lui, un crime imprescriptible et impossible à oublier.

En conclusion, le président de l’APN a exprimé sa profonde fierté envers le peuple algérien, qu’il a qualifié de « digne gardien de la Mémoire nationale », estimant que cette proposition de loi est l’un des fruits les plus éloquents de sa longue lutte pour la souveraineté, la dignité et la vérité historique.

R.N

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