La 4ᵉ édition du concours de l’amazighisation de la vie publique a été officiellement lancée à Tizi Ouzou lors d’une cérémonie solennelle organisée au siège de l’Assemblée populaire de wilaya (APW).
Cet événement, hautement symbolique, a réuni des figures emblématiques du militantisme culturel et intellectuel amazigh, parmi lesquelles l’écrivain Brahim Tazaghart, le directeur du Centre national de recherche en tamazight Tidjet Mustapha, ainsi que l’ex-sénateur et écrivain Hocine Haroun.
Cette édition rend un hommage appuyé au défunt Belaïd Mohamed Ben Ali, militant, chercheur en tamazight et ardent défenseur de la graphie tifinagh, originaire du village Aït Rehouna, dans la commune d’Azeffoun.
Le concours vise à récompenser la commune ayant généralisé l’amazighisation des termes de la vie quotidienne, notamment la signalisation routière et les documents administratifs.
Dans son allocution, le président de l’APW, Sid Ali Youcef, a souligné que « tamazight est notre identité et notre culture », insistant sur la responsabilité collective de la préserver et de la promouvoir.
Il a rappelé que la langue amazighe constitue un facteur d’unité nationale et de cohésion sociale.
À l’issue de la cérémonie, une délégation officielle s’est rendue à Azeffoun pour se recueillir sur la tombe de Belaïd Mohamed, ainsi que sur celles des sept martyrs assassinés le 8 novembre 1961 et au carré des martyrs des Ath Rehouna.
Des témoignages émouvants ont été livrés par ceux qui ont côtoyé le défunt, rappelant son engagement indéfectible pour la transmission de tifinagh aux jeunes générations.
Le concours ne se limite pas à la signalisation.
Il englobe également la traduction en tamazight de documents fondamentaux, tels que la Déclaration du 1er Novembre 1954, ainsi que des serments professionnels, dont ceux d’Hippocrate, des architectes et des avocats, désormais testés par les étudiants.
Dans ce contexte, la mémoire d’un autre grand militant, Mohand Amokrane Khelifati, a également été évoquée.
Figure historique du mouvement national et cofondateur de l’Académie berbère, Khelifati a consacré sa vie à la défense de l’indépendance et de la langue amazighe, laissant une empreinte durable dans l’histoire culturelle algérienne.
À travers ce concours, Tizi Ouzou réaffirme son rôle de bastion de la promotion de tamazight, inscrivant la langue amazighe non seulement comme héritage, mais comme composante vivante et active de la vie publique contemporaine.
R.L
