Revalorisation des pensions : la CNR réaffirme l’engagement de l’État pour une retraite digne et durable

dknews
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Garantir une vie digne aux retraités demeure une priorité constante des pouvoirs publics.

C’est dans cet esprit que s’inscrit la récente décision de revalorisation des pensions et allocations de retraite, annoncée par le Conseil des ministres et détaillée par le directeur général de la Caisse nationale des retraites (CNR), Hafid Adrar.

Intervenant sur les ondes de la Radio algérienne, le premier responsable de la CNR a livré une lecture approfondie des fondements économiques, sociaux et réglementaires de cette mesure, tout en apportant des éclaircissements sur ses modalités d’application et ses effets attendus.

Selon Hafid Adrar, la revalorisation périodique des pensions ne relève pas d’un simple choix conjoncturel, mais constitue un droit consacré par la législation nationale relative à la retraite.

Elle traduit un engagement de l’État à adapter régulièrement les revenus des retraités à l’évolution du contexte économique, tout en veillant à préserver l’équilibre financier et la pérennité du système national de sécurité sociale.

Cette démarche repose sur plusieurs paramètres, notamment l’évaluation des capacités financières disponibles, l’évolution du pouvoir d’achat et la nécessité d’assurer la solidarité intergénérationnelle qui fonde le régime des retraites.

Sur le plan social, le directeur général de la CNR a souligné que l’effort consenti dépasse le taux officiel de l’inflation, estimé à 1,7 %, ce qui témoigne d’une volonté claire d’améliorer concrètement les conditions de vie des retraités.

Pour lui, la revalorisation vise avant tout à préserver la dignité des bénéficiaires, en leur permettant de faire face aux charges quotidiennes dans un contexte marqué par la hausse de certains coûts de la vie.

Il s’agit, a-t-il insisté, d’un choix assumé qui place la protection sociale au cœur des priorités nationales.

D’un point de vue opérationnel, Hafid Adrar a tenu à rassurer les assurés quant à la capacité de la CNR à appliquer la mesure dans les délais impartis.

Habituée à gérer des opérations similaires lors des précédentes revalorisations, l’institution a pris toutes les dispositions techniques et administratives nécessaires afin que les retraités perçoivent leurs nouveaux droits sans retard.

Cette maîtrise opérationnelle, a-t-il expliqué, est le fruit d’une organisation éprouvée et d’une anticipation des échéances.

Un aspect important, mais souvent moins mis en lumière, concerne l’alignement des pensions d’invalidité sur les mêmes taux de revalorisation que les pensions de retraite.

Le directeur général a précisé que cette mesure s’applique aux pensions d’invalidité servies aussi bien par la CNR que par la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) et la CASNOS.

Conformément aux dispositions légales, les bénéficiaires de ces pensions jouissent des mêmes droits en matière de revalorisation, traduisant ainsi le principe d’équité qui sous-tend le système de protection sociale.

La revalorisation s’inscrit également dans un cadre plus large, marqué par la hausse annoncée du salaire national minimum garanti.

Hafid Adrar a expliqué que l’augmentation du SNMG aura un impact direct sur les pensions et allocations les plus faibles, en raison du lien juridique existant entre ces prestations et le salaire minimum.

Ainsi, l’allocation de retraite, dont le seuil minimal est fixé à 75 % du SNMG, connaîtra une revalorisation significative.

Avec le passage du SNMG de 20 000 à 24 000 dinars, l’allocation minimale évoluerait de 15 000 à 18 000 dinars, soit un gain moyen de 3 000 dinars pour les allocataires concernés.

Pour les pensions de retraite, le minimum légal connaîtra également un relèvement, passant de 20 000 à 24 000 dinars, ce qui représente un différentiel de 4 000 dinars.

Ces ajustements visent à corriger les disparités et à renforcer le filet de protection en faveur des catégories les plus vulnérables, tout en maintenant une cohérence globale du système.

Sur le plan macroéconomique, le directeur général de la CNR estime que l’augmentation des pensions, des allocations et du SNMG se traduira par un supplément de revenu pour les retraités comme pour les salariés, susceptible de soutenir la consommation intérieure.

Cet effet de stimulation de la demande pourrait, selon lui, avoir des retombées positives sur l’activité économique, sans pour autant générer une inflation excessive.

Il considère que l’inflation induite resterait limitée, d’autant plus que la dynamique actuelle de relance économique, marquée par la création d’entreprises et d’emplois, augure d’une évolution plus stable.

Hafid Adrar a également replacé ces mesures dans la logique globale de financement de la sécurité sociale.

Il a rappelé que le système repose principalement sur les cotisations des actifs, et que l’évolution de l’emploi constitue un facteur déterminant de l’équilibre financier des caisses.

Dans cette optique, l’amélioration du marché du travail et l’élargissement de l’assiette des cotisations contribuent directement à la soutenabilité du régime des retraites.

Abordant la question sensible des travailleurs d’entreprises confisquées dans le cadre d’affaires de corruption, le directeur général de la CNR a évoqué le décret exécutif 25-312, publié le 1er décembre 2025, qui prévoit leur prise en charge.

Il a expliqué que l’État assurera le paiement des contributions forfaitaires nécessaires à l’ouverture des droits, en distinguant trois situations.

La première concerne les salariés remplissant les conditions de la retraite anticipée, la deuxième ceux orientés vers le régime de l’assurance chômage avec une prise en charge par la CNAC, et la troisième les travailleurs ne remplissant les conditions ni de l’une ni de l’autre option, qui bénéficieront d’une indemnisation directe par l’État.

Sur la question récurrente des assurés ayant cumulé 32 ou 34 années de service sans avoir atteint l’âge légal, Hafid Adrar a été catégorique.

Ce sujet, a-t-il précisé, n’était pas à l’ordre du jour.

Il a insisté sur la philosophie du système de retraite, fondée sur le principe de l’assurance vieillesse, qui vise à garantir un revenu lorsque l’âge rend le travail difficile, et non à instaurer un départ automatique après un nombre déterminé d’années de cotisation.

Il a rappelé que l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 60 ans, tout en soulignant les dispositions particulières accordées aux femmes, qui peuvent demander une réduction de l’âge légal à partir de 55 ans, voire 52 ans lorsqu’elles ont trois enfants à charge.

Enfin, le directeur général de la CNR a mis en avant l’importance de la poursuite de la cotisation au-delà d’un certain seuil d’années de service.

Cette obligation légale, a-t-il expliqué, constitue également un levier d’amélioration du montant futur de la pension.

La liquidation étant calculée sur la base des cinq dernières années ou des cinq meilleures années de carrière, souvent les plus avantageuses, l’actualisation de l’assiette au moment du départ peut se traduire par un montant plus élevé dès le premier versement.

Dans ce cadre, Hafid Adrar a souligné les efforts soutenus de numérisation engagés par la CNR, présentés comme un outil de modernisation et de simplification des procédures.

Sans recourir à la sous-traitance, l’institution a investi dans le développement de compétences internes et dans la mise en place de services numériques tels que le compte individuel du salarié, accessible en ligne et sur mobile, permettant de consulter sa carrière et de déposer des demandes de régularisation jusqu’à deux ans avant l’âge légal de départ.

À cela s’ajoutent l’application e-Retraite, qui facilite le dépôt et le suivi des dossiers à distance, ainsi que d’autres services dédiés aux retraités via des portails numériques.

À travers ces mesures, la CNR affirme sa volonté de conjuguer justice sociale, efficacité administrative et soutenabilité financière, dans une démarche visant à renforcer la confiance des citoyens dans le système national de retraite et à garantir aux retraités une protection à la hauteur de leur contribution à la vie économique du pays.

R.N

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