La signature de l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur ne se fera pas avant janvier.
Réunis à Bruxelles, les dirigeants des 27 États membres ont été informés par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du report de ce dossier stratégique, selon des sources diplomatiques concordantes.
Initialement, la cheffe de l’exécutif européen espérait parapher le traité samedi prochain, en marge du sommet du Mercosur prévu à Foz do Iguaçu, au Brésil.
Toutefois, cette ambition s’est heurtée à une réalité politique complexe : l’absence de l’aval d’une majorité qualifiée d’États membres, indispensable pour valider un accord d’une telle portée.
L’opposition de la France et de l’Italie, en particulier, a pesé lourd dans cette décision.
Paris exprime de longue date ses inquiétudes concernant l’impact de l’accord sur l’agriculture européenne, notamment en matière de concurrence et de normes environnementales.
Rome, de son côté, partage des réserves similaires, appelant à des garanties supplémentaires pour protéger certains secteurs sensibles.
Cet accord de libre-échange, négocié depuis plus de deux décennies, vise à créer l’un des plus vastes espaces commerciaux au monde, reliant plus de 700 millions de consommateurs.
Il prévoit une réduction progressive des droits de douane et un renforcement des échanges entre l’UE et l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.
Le report à janvier illustre les fractures persistantes au sein de l’Union européenne, partagée entre ambitions commerciales et préoccupations sociales, agricoles et environnementales.
Un délai supplémentaire qui pourrait permettre d’aplanir les divergences, sans toutefois garantir une issue rapide à ce dossier hautement sensible.
R.E
