L’Afrique du Sud prend activement part aux efforts en faveur de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé mardi le porte-parole de la présidence sud-africaine, Vincent Magwenya.
« Le règlement de la situation dans l’est de la RDC est un sujet prioritaire, y compris pour le président sud-africain, Cyril Ramaphosa.
Les contacts diplomatiques se poursuivent sur une base permanente. Ramaphosa suit de près les développements », a déclaré M. Magwenya, à la presse. Il a ajouté que l’Afrique du Sud soutenait toutes les négociations en cours visant au règlement dans l’est de la RDC et dans l’ensemble de la région.
Les recherches de la paix dans les régions orientales de la RDC évoluent actuellement sur trois axes. Les négociations à Washington, avec la médiation des Etats-Unis, sont consacrées à la normalisation des relations entre la RDC et le Rwanda, ainsi qu’à l’examen des questions internationales connexes. Les présidents congolais et rwandais, respectivement Félix Tshisekedi et Paul Kagame, ont signé le 4 décembre à Washington un accord de paix en présence du président américain, Donald Trump. Le deuxième axe concerne les pourparlers à Doha, qui se tiennent avec la médiation du Qatar entre le gouvernement de la RDC et les rebelles, y compris le Mouvement du 23 mars (M23), visent à parvenir à une réconciliation intra-congolaise.
Et le troisième les questions de la sécurité régionale, qui sont discutées sous les auspices de l’Angola, du Kenya et de l’Union africaine.Les rebelles du M23 ont lancé le 2 décembre dans l’est de la RDC une nouvelle offensive et pris le contrôle de la ville stratégique d’Uvira, à la frontière avec le Burundi, et poursuivent leur progression vers le sud. Les autorités congolaises sont parvenues fin 2023 à un accord avec la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) sur la présence d’un contingent de cette organisation dans l’est du pays afin de lutter contre les rebelles. Les forces de la SADC disposaient d’un mandat leur permettant de s’engager directement dans les combats.
Le Malawi, la Tanzanie et l’Afrique du Sud ont dépêché leurs contingents au sein de ces forces qui ont été déployées dans l’est de la RDC.
Près de 65.000 Congolais se sont réfugiés au Burundi en dix jours (HCR)
Près de 65.000 Congolais ont fui vers le Burundi voisin en l’espace de dix jours, après l’assaut du groupe armé M23 sur la ville d’Uvira dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont indiqué mardi des agences humanitaires des Nations unies.
Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), la reprise des combats dans cette partie orientale de la RDC a provoqué depuis le 5 décembre dernier un afflux important de réfugiés congolais au point d’entrée de Buganda. « Les arrivées se poursuivent au Burundi. Des milliers de familles fuyant les violences au Sud-Kivu traversent les marais de la rivière Rusizi et arrivent aussi par le lac Tanganyika à Rumonge souvent après des parcours dangereux », a affirmé sur les réseaux sociaux, le bureau du HCR au Burundi. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), à la suite des arrivées massives de réfugiés congolais au Burundi, fuyant les affrontements dans le Sud-Kivu, notamment autour de Kamanyola, Luvungi et Katogota, « la situation sécuritaire s’est fortement dégradée depuis la semaine dernière ».
Outre les milliers de réfugiés enregistrés au Burundi, le Rwanda fait état également d’une « hausse modérée, mais notable du nombre d’arrivées, enregistrée entre le 3 et le 7 décembre, avec environ 1.000 personnes entrant par le point de passage de Bugarama, dans le sud-ouest du pays ».
A l’intérieur de la RDC, les violences ont provoqué des déplacements de population à grande échelle. Depuis le 1er décembre, plus de 500.000 personnes, dont 104.000 enfants, ont été nouvellement déplacées au Sud-Kivu, et d’autres déplacements sont à prévoir à mesure que les hostilités s’étendent à d’autres régions. L’UNICEF indique que de « graves violations » contre des enfants ont été signalées, notamment le meurtre de quatre élèves dans un attentat à l’explosif à Kaziba (Walungu) et la blessure de six élèves par balle à Walungu, Kabare et Bukavu.
22 civils tués par des milices dans l’ouest (HRW)
Au moins vingt-deux civils ont été tués fin novembre par des miliciens dans une région de l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC), en proie à un conflit communautaire, a indiqué mardi Human Rights Watch (HRW).
L’attaque a eu lieu le 23 novembre dans le village de Nkana, à environ 75 km au nord-est de Kinshasa, dans le territoire de Kwamouth (province de Mai-Ndombe), selon un rapport de cette organisation de défense des droits humains.
Des hommes armés « mobondo », issus de l’ethnie Yaka, ont tué « au moins 22 civils », dont quatre femmes et quatre enfants, et en ont blessé beaucoup d’autres, a précisé l’ONG, citant des témoins.
Les assaillants, armés de fusils et de machettes, ont « parcouru les maisons, tuant principalement des villageois Teke qui tentaient de fuir », selon le communiqué.
L’attaque aurait été menée « en guise de représailles » dans le cadre de tensions intercommunautaires croissantes.
Dans cette région de l’ouest de la RDC, des violences ont éclaté en 2022 autour d’un conflit foncier entre les Teke, considérés comme propriétaires des villages le long du fleuve Congo, et les Yaka, installés après eux. Les « mobondo », présentés comme membres de la communauté Yaka, sont accusés d’avoir pris une part active à ces affrontements, qui ont fait des centaines de morts et provoqué des déplacements massifs.
