L’écrivain et romancier Yasmina Khadra a animé, lundi dernier, à Oran, une rencontre littéraire marquante, consacrée au rôle fondamental du livre et de la littérature dans la construction de la conscience collective.
Accueilli au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle, à l’initiative de l’Ordre des avocats du barreau d’Oran, l’auteur a échangé avec une assistance nombreuse composée principalement d’avocats, dans un dialogue profond mêlant culture, responsabilité citoyenne et avenir des sociétés.
D’emblée, Yasmina Khadra a posé un constat fort en qualifiant le livre de « produit de première nécessité », estimant que la littérature constitue un pilier essentiel de la conscience collective des peuples.
Pour lui, l’acte d’écrire et de lire dépasse largement le simple loisir intellectuel. Il s’agit d’un outil puissant de transmission de la mémoire, de construction de l’esprit critique et de résistance face à l’oubli, à la manipulation et à l’uniformisation des pensées.
La littérature, a-t-il souligné, élève les sociétés, les protège contre la dérive morale et nourrit leur capacité à se projeter dans l’avenir. Insistant sur la dimension éducative du livre, l’écrivain a plaidé pour une initiation précoce des enfants et des jeunes à la lecture.
Selon lui, la formation de générations conscientes, lucides et responsables commence au sein de la cellule familiale. Il a appelé les parents à assumer pleinement leur rôle dans l’ancrage de la culture du livre, rappelant que la lecture n’est pas uniquement un vecteur de savoir, mais aussi un moyen d’émancipation intellectuelle et de liberté intérieure.
Abordant la question des réseaux sociaux, Yasmina Khadra a tenu un discours nuancé, refusant toute diabolisation. Il a estimé que ces plateformes ne constituent pas, en soi, une menace pour la culture, soulignant que dans chaque société existent des individus capables de privilégier la profondeur et le sens, loin de la superficialité ambiante.
Il a rappelé que la véritable menace réside davantage dans l’abandon de l’esprit critique que dans les outils eux-mêmes. Pour sa part, le bâtonnier Omar Bergham a mis en lumière le potentiel des réseaux sociaux comme instruments de promotion de la lecture et de rapprochement entre les écrivains et le public.
Il a estimé qu’un usage réfléchi et responsable de ces plateformes peut contribuer à redonner au livre la place qu’il mérite au cœur de la société. Cette rencontre a ainsi réaffirmé, avec force, la centralité de la littérature dans le développement culturel et intellectuel des nations.
R. C.
