Élu président du Chili à l’issue d’un second tour largement remporté, José Antonio Kast a entamé son mandat sur une note d’apaisement, promettant de diriger un gouvernement d’« union nationale » dans un pays profondément marqué par une campagne électorale tendue et polarisée.
L’ex-député ultraconservateur a réaffirmé cet engagement lors de sa rencontre officielle avec le président sortant Gabriel Boric, au palais présidentiel de la Moneda, symbole du pouvoir chilien.
Âgé de 59 ans, avocat de formation et père de neuf enfants, José Antonio Kast a assuré qu’il gouvernerait « pour tous les Chiliens », indépendamment des clivages idéologiques.
« Il existe des défis qui concernent l’ensemble de la société, notamment la sécurité, la santé, l’éducation et le logement », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de rassembler les forces politiques et sociales du pays pour y répondre efficacement.
Durant la campagne, Kast s’était distingué par un discours sécuritaire ferme, promettant notamment l’expulsion de près de 340.000 migrants en situation irrégulière, un durcissement de la lutte contre la criminalité et un renforcement du contrôle des frontières, en particulier avec la Bolivie.
Ces positions avaient suscité de vives inquiétudes au sein de la gauche et des organisations de défense des droits humains.
Depuis l’annonce de sa victoire, le président élu semble toutefois vouloir ajuster son discours.
Il multiplie les messages rassurants à l’adresse des institutions, des investisseurs et de la communauté internationale, cherchant à se poser en garant de la stabilité démocratique et économique du pays. Son entrée en fonction, prévue le 11 mars prochain, sera scrutée de près.
José Antonio Kast devra rapidement démontrer sa capacité à transformer ses promesses d’unité en actes concrets, dans un contexte social marqué par des inégalités persistantes et des attentes élevées de la population. Le défi est de taille : gouverner sans exclure, tout en imposant sa vision politique.
R. I.
