Le développement du commerce électronique s’impose aujourd’hui comme un défi majeur et un levier incontournable pour la modernisation de l’économie nationale.
Longtemps freiné par la méfiance envers les paiements en ligne, le e-commerce connaît désormais une progression spectaculaire, portée par une stratégie nationale de numérisation et par l’évolution rapide des comportements des consommateurs.
L’augmentation significative du nombre de cartes de paiement, estimé à près de 18 millions, témoigne d’un changement profond dans les habitudes de consommation.
Aujourd’hui, plus de 60 % des achats s’effectuent en ligne, contre seulement 25 % en 2020, marquant ainsi une transition accélérée vers des modes de consommation numériques.
Lors du dernier Conseil des ministres, le président de la République a souligné que le commerce électronique constitue un défi stratégique nécessitant l’implication de l’ensemble des acteurs économiques.
Il a insisté sur l’importance de garantir la sécurité numérique, d’accorder davantage de facilitations aux opérateurs et d’encourager ce mode de commerce afin d’atteindre les objectifs de transparence et de traçabilité des transactions.
La valeur des transactions en ligne a franchi un cap historique, atteignant plus de 1,9 milliard de dollars en 2023, une croissance fulgurante soutenue par la multiplication des plateformes numériques et l’essor des réseaux sociaux.
Cette dynamique est également alimentée par la diversification des moyens de paiement, notamment le paiement à la livraison, les cartes CIB et Edhahabia, ainsi que l’élargissement des services de règlement électronique dans les grandes surfaces, les stations-service et un nombre croissant de commerces.
Si la barrière psychologique liée à la méfiance persiste encore chez une frange de la population, elle tend progressivement à s’estomper face aux avantages indéniables du e-commerce, notamment le gain de temps, la transparence des prix et la rapidité des transactions.
La jeunesse, fortement connectée et familière des outils numériques, joue un rôle moteur dans cette transformation.
Cependant, le véritable enjeu réside dans l’encadrement de cette croissance à travers une stratégie structurée, axée sur la sécurisation des données et la protection des consommateurs.
La généralisation de l’utilisation des terminaux de paiement électronique (TPE) demeure un impératif pour vulgariser le paiement électronique et créer une dynamique de masse capable d’impacter positivement l’économie nationale.
Dans ce contexte, le cadre juridique apparaît comme un pilier fondamental pour accompagner cette mutation, prévenir les dérives et instaurer un climat de confiance durable.
Des dispositions incitatives et avantageuses sont nécessaires pour encourager les commerçants à intégrer le e-commerce dans leurs activités et pour garantir la conformité des transactions.
L’État œuvre ainsi à l’indexation du développement du commerce électronique aux programmes de numérisation de l’économie nationale, dans une logique de transparence, de traçabilité et d’élargissement de l’assiette fiscale.
Le président de la République a d’ailleurs rappelé que la transparence commerciale constitue l’objectif ultime et l’aboutissement naturel de la numérisation.
À terme, le e-commerce est appelé à devenir un pilier central de la croissance économique, en favorisant l’inclusion financière, en stimulant l’innovation et en renforçant la compétitivité du tissu économique national.
R.E
