L’Algérie a réitéré, avec force et clarté, son engagement indéfectible dans la lutte contre la corruption et le recouvrement des avoirs détournés lors de la 11e session de la Conférence des États parties à la Convention des Nations unies contre la corruption, qui se tient à Doha, au Qatar.
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Lotfi Boudjemaa, a pris part aux travaux de cette importante rencontre internationale par visioconférence, dans un contexte mondial marqué par des défis croissants liés aux flux financiers illicites, à la criminalité transnationale organisée et à la complexité des mécanismes de corruption.
S’exprimant lors de la réunion de haut niveau de cette conférence, organisée du 15 au 19 décembre, le ministre a rappelé que l’Algérie figure parmi les premiers pays à avoir ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption, traduisant ainsi une volonté politique précoce et constante de s’inscrire dans l’effort international de prévention et de répression de ce fléau.
Il a souligné que la corruption constitue une menace directe pour la stabilité des sociétés, un facteur de fragilisation des institutions et un obstacle majeur au développement durable des États.
Dans cette perspective, M.Boudjemaa a mis en avant les bases juridiques et institutionnelles mises en place par l’Algérie, rappelant la promulgation, dès 2006, d’une loi spécifique relative à la prévention et à la lutte contre la corruption.
Ce texte fondateur consacre un volet important à la coopération internationale et au recouvrement des avoirs, conformément à l’esprit et aux objectifs de la Convention onusienne.
Il s’agit, a-t-il précisé, d’un cadre légal évolutif, renforcé au fil des années pour répondre aux exigences croissantes de transparence, de reddition des comptes et de moralisation de la vie publique.
Le ministre de la Justice a insisté sur le fait que la lutte contre la corruption constitue aujourd’hui l’une des priorités majeures des politiques nationales de l’Algérie.
Sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le pays a engagé une dynamique globale visant à instaurer un climat politique et économique fondé sur l’État de droit, la primauté de la loi et le renforcement d’institutions efficaces et crédibles.
Cette approche repose sur une vision intégrée qui associe les pouvoirs publics, les institutions judiciaires et les acteurs de la société civile, dans un effort commun pour prévenir les pratiques corruptrices et sanctionner les dérives.
Abordant la question centrale du recouvrement des avoirs, M.Boudjemaa a souligné que cette problématique constitue l’un des objectifs cardinaux de la Convention des Nations unies contre la corruption et un levier essentiel pour soutenir les efforts de développement des États.
À ce titre, il a révélé que les autorités judiciaires algériennes ont adressé 54 demandes d’entraide judiciaire à 11 pays dans lesquels des fonds transférés illicitement à l’étranger ont été identifiés.
Ces démarches visent à récupérer des ressources financières détournées, afin de les réinjecter dans l’économie nationale et de les mettre au service du développement et de l’intérêt général.
Le ministre a exprimé l’espoir que les États sollicités répondront favorablement à ces demandes, notant que la coopération a jusqu’à présent connu des niveaux de réactivité variables.
Il a appelé à une coopération internationale plus efficace, plus rapide et plus transparente, estimant que seule une volonté politique partagée permettra de dépasser les obstacles juridiques et procéduraux qui entravent souvent le recouvrement des avoirs à l’échelle internationale.
Dans le même élan, M.Boudjemaa a salué le rôle des réseaux et initiatives internationales, tels que l’initiative StAR et le Forum mondial sur le recouvrement des avoirs, qu’il a qualifiés de mécanismes particulièrement efficaces et réactifs face aux exigences complexes de la coopération internationale.
Ces plateformes, a-t-il affirmé, constituent des outils précieux pour renforcer l’échange d’expertise, améliorer la coordination entre les États et accroître les chances de succès dans la récupération des fonds détournés.
En conclusion de son allocution, le ministre de la Justice a réaffirmé la position de l’Algérie concernant la deuxième phase du mécanisme d’examen de l’application de la Convention.
Il a insisté sur l’importance de respecter les principes directeurs qui encadrent ce mécanisme, notamment son caractère intergouvernemental et la prise en compte des contextes nationaux.
Il a également plaidé pour que la prochaine phase s’appuie sur les résultats de l’évaluation de la première, afin d’intégrer les progrès réalisés, les observations formulées et les bonnes pratiques identifiées.
L’Algérie participe à cette conférence mondiale avec une délégation officielle multisectorielle présente à Doha, illustrant l’importance accordée à cet événement, qui se tient sous le thème « Façonner l’intégrité de demain ».
Cette édition met l’accent sur les menaces nouvelles et émergentes dans la lutte contre la corruption, ainsi que sur le renforcement de la coopération internationale face à la sophistication croissante des activités criminelles.
Considérée comme le plus grand rassemblement international dédié à la lutte contre la corruption, la Conférence des États parties à la CNUCC constitue également le principal organe d’élaboration des politiques liées à cette Convention, unique instrument international juridiquement contraignant en la matière.
Les États parties s’y réunissent tous les deux ans pour évaluer la mise en œuvre de leurs engagements et définir les voies d’une coopération renforcée, avec l’objectif commun de bâtir des sociétés plus justes, plus transparentes et plus résilientes face à la corruption.
R.I
