Dans plusieurs quartiers emblématiques d’Oran, tels que les Mimosas, Sanchidrian, Petit Lac ou encore Perret, le désordre quotidien semble désormais s’installer dans une inquiétante banalité.
Ce qui frappe le plus les habitants n’est pas tant l’anarchie visible que le silence assourdissant de la société civile, absente là où elle était autrefois une force d’interpellation et de mobilisation.
Le squat des trottoirs, l’occupation sauvage des espaces publics, la prolifération des points de vente informels et la dégradation progressive du cadre de vie ne provoquent plus ni indignation collective ni réaction organisée.
Les comités de quartiers, censés jouer un rôle de relais entre les citoyens et les autorités locales, peinent à se faire entendre.
Les associations de proximité, souvent engluées dans la routine ou confrontées à un manque de renouvellement, semblent avoir déserté le terrain, laissant les cités livrées à elles-mêmes.
Ce mutisme généralisé traduit un malaise plus profond qu’un simple déficit d’organisation.
Il révèle une lassitude collective, une résignation insidieuse qui pousse les habitants à s’adapter au désordre plutôt qu’à le combattre.
L’absence de vigie citoyenne ouvre un boulevard aux dérives quotidiennes, transformant des quartiers autrefois paisibles en espaces où l’incivisme gagne chaque jour du terrain.
La situation impose aujourd’hui une prise de conscience urgente.
Redonner vie aux comités de quartiers, encourager la participation active des habitants et insuffler une nouvelle dynamique à l’engagement citoyen sont devenus des impératifs.
Sans une implication réelle et continue de la société civile, aux côtés des autorités de la wilaya, Oran aura du mal à redorer son image, ternie par des années de laisser-aller.
La société civile ne peut rester spectatrice de la dégradation de son environnement ; elle doit redevenir actrice du civisme, non par opportunisme, mais par responsabilité envers l’avenir de la cité.
R.L
