Le développement d’un pays ne saurait se réduire à des chiffres, des infrastructures ou des performances économiques.
Il repose avant tout sur une conscience collective solide, nourrie par l’histoire, la culture et la mémoire partagée.
Un peuple qui connaît ses racines, qui protège son héritage et qui en est fier, possède les fondations indispensables pour construire un avenir stable et durable.
Le patrimoine culturel, qu’il soit matériel ou immatériel, n’est pas un vestige du passé destiné aux musées : il est une force vivante, un marqueur identitaire et un repère essentiel dans un monde en mutation.
Chaque monument, chaque tradition, chaque art populaire, chaque tenue ancestrale et chaque plat transmis de génération en génération raconte une part de l’histoire nationale.
Ces éléments façonnent le quotidien, renforcent le sentiment d’appartenance et consolident la cohésion sociale.
Ils constituent une richesse stratégique, à la fois culturelle, symbolique et économique.
Les nations qui ont compris cet enjeu investissent dans la protection de leur patrimoine, non par nostalgie, mais par lucidité historique et vision d’avenir.
Cependant, le patrimoine est aussi un terrain de rivalités.
À mesure que la culture devient un levier d’influence et de reconnaissance internationale, les tentatives d’appropriation, de falsification et de réécriture de l’histoire se multiplient.
L’Algérie, riche d’un héritage millénaire, n’échappe pas à ces convoitises.
Face à ces dérives, la reconnaissance internationale, notamment par les instances onusiennes, revêt une importance capitale.
Elle ne confère pas une identité, elle la confirme, en s’appuyant sur des faits, des sources et une continuité historique indiscutable.
La récente confirmation du caractère algérien de certains éléments du patrimoine immatériel illustre cette vérité : l’histoire ne se décrète pas, elle se prouve.
Elle ne s’improvise pas à travers des récits fabriqués, mais s’enracine dans la mémoire collective, les pratiques sociales et la transmission intergénérationnelle.
Chercher à s’approprier l’héritage d’autrui traduit moins une richesse culturelle qu’un vide identitaire difficile à combler .Pour l’Algérie, la défense du patrimoine dépasse la simple question culturelle.
Elle relève de la souveraineté, au même titre que la défense du territoire ou des ressources nationales.
Préserver son héritage, c’est protéger son récit, sa place dans l’histoire et son droit à exister pleinement sur la scène des nations.
C’est aussi un devoir envers les générations futures, afin qu’elles puissent se reconnaître dans un passé assumé et s’inscrire dans un avenir maîtrisé.
Un peuple sans mémoire est un peuple vulnérable.
Lorsque le lien avec l’histoire se rompt, les repères s’effacent, la cohésion sociale se fragilise et les fractures se creusent.
À l’inverse, une identité assumée renforce l’unité nationale, stimule la créativité et favorise l’engagement citoyen.
La culture devient alors un moteur de développement et un rempart contre les tentatives d’effacement.
En définitive, la bataille pour le patrimoine est une bataille pour la vérité, la dignité et la continuité historique.
L’Algérie, forte de son héritage et consciente de ses responsabilités, n’a pas à prouver ce qu’elle est, mais à continuer de protéger, de transmettre et de valoriser ce qu’elle a toujours été.
REDACTION
