Comprendre pour agir et reconstruire : Mostaganem face au marché informel

dknews
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La lutte contre le marché informel se heurte à une réalité implacable : les opérations « coup de poing », menées périodiquement par l’APC et les services de sécurité, échouent presque systématiquement.

Les étals illégaux réapparaissent inlassablement, envahissant les rues, les marchés, les trottoirs et les places publiques.

Produits de la mer vendus à même le sol, textile exposé dans des conditions précaires, articles de pacotille étalés au milieu des passages piétons… la ville semble engagée dans un combat sans fin.

Le véritable problème ne réside pas dans la capacité à disperser les vendeurs informels, mais dans l’incapacité à offrir des solutions durables, structurées et économiquement viables.

La répression seule ne peut venir à bout d’un phénomène profondément enraciné dans une réalité sociale marquée par la précarité, le chômage et l’absence d’alternatives.

Sans cadre rationnel, les actions musclées deviennent un spectacle répétitif, inefficace, et parfois contre-productif.

La transformation du marché informel ne peut s’opérer qu’à travers un dialogue réel, franc et ouvert entre l’APC et les jeunes commerçants concernés.

Il s’agit de comprendre leurs besoins, leurs contraintes et leurs attentes afin de co-construire des alternatives crédibles : petits marchés de proximité, zones de vente dédiées, magasins communaux, développement de microcrédits encadrés, ou aménagement d’espaces commerciaux adaptés.

Des solutions qui permettraient d’intégrer progressivement ces commerçants au circuit formel.

Pourtant, une autre réalité doit être admise : certains jeunes adoptent encore une posture d’attentisme, espérant un modèle où l’État-Providence assumerait la totalité des charges sans contrepartie administrative ni fiscale.

Cette perception doit évoluer.

L’intégration dans la légalité implique des responsabilités partagées.

L’APC, de son côté, doit accompagner cette transition en mettant en place des cellules de soutien administratif, afin d’éviter que les commerçants ne se retrouvent piégés dans les lourdeurs bureaucratiques qui freinent souvent l’entrepreneuriat.

La répression sans alternatives renforce la marginalisation.

Elle alimente le désespoir et expose une partie de la jeunesse à des choix dangereux, dont le phénomène des “harragas” n’est malheureusement qu’un exemple édifiant.

L’exclusion économique nourrit les dérives sociales et conduit à des drames humains que la ville ne peut plus ignorer.

Mostaganem doit dépasser la logique de confrontation pour entrer dans celle de la résorption durable.

La question du marché informel n’est pas une question d’ordre public uniquement, mais un enjeu économique, social et humain majeur.

En investissant dans le dialogue, la planification urbaine, l’accompagnement administratif et la création d’opportunités légales, la ville pourra transformer ses vendeurs informels en partenaires réels du développement local.

Le défi est immense, mais la paix sociale, la prospérité économique et l’avenir des jeunes en dépendent.

Mostaganem ne peut plus se permettre une gestion superficielle d’un phénomène aussi structurant.

Elle doit désormais s’inscrire dans une stratégie globale, inclusive et durable, capable de redonner sens et dignité au commerce local, tout en rétablissant ordre et légalité dans l’espace public.

R.L

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