Dans un contexte de tensions persistantes au Sahara Occidental, l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) a intensifié ses opérations militaires contre les forces de l’armée d’occupation marocaine, ciblant notamment des bases arrière et des positions stratégiques dans le secteur de Mahbes.
Selon un communiqué officiel du ministère sahraoui de la Défense, ces frappes ont infligé « de lourdes pertes humaines et matérielles » aux forces marocaines, alors que le conflit, qualifié de « guerre d’usure » par les autorités sahraouies, se poursuit avec une intensité soutenue.
Le communiqué précise que des unités avancées de l’APLS ont mené des bombardements intensifs sur les forces de soutien de l’armée d’occupation dans la région d’Agrarat Al-Atassa.
Ces frappes ont également touché des positions stratégiques dans la zone d’Abirat Tenouchad, toujours dans le secteur de Mahbes, renforçant l’effet de pression sur les lignes arrière marocaines.
Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie militaire visant à affaiblir progressivement la capacité opérationnelle de l’armée d’occupation le long du « mur de la honte », terme utilisé par les autorités sahraouies pour désigner le mur défensif construit par le Maroc dans la région.
Selon des analystes de la région, l’intensification des attaques de l’APLS traduit la volonté des Sahraouis de maintenir la pression sur les forces marocaines et de rappeler leur capacité à frapper les lignes ennemies malgré les moyens technologiques limités par rapport à l’armée marocaine.
Les frappes successives démontrent également la coordination et la préparation tactique des unités sahraouies, qui exploitent la connaissance approfondie du terrain et la mobilité de leurs forces pour maximiser l’effet militaire.
L’évolution récente de la situation militaire intervient dans un contexte international marqué par des appels au respect du droit humanitaire et à la recherche d’une solution pacifique au conflit du Sahara Occidental.
Toutefois, le ministère sahraoui de la Défense insiste sur le caractère légitime de ses actions, qu’il présente comme une réponse aux incursions et à l’occupation marocaine, et souligne la détermination des forces sahraouies à poursuivre leur lutte jusqu’à l’obtention de la souveraineté sur leur territoire.
Pour la communauté internationale, ces événements rappellent la fragilité de la situation sécuritaire dans la région et la nécessité d’une médiation renforcée pour éviter une escalade qui pourrait avoir des conséquences régionales significatives.
Les observateurs soulignent que la continuité de la « guerre d’usure » au Sahara Occidental pourrait prolonger le conflit et accentuer les tensions diplomatiques entre le Maroc et les partisans du Front Polisario, tout en impactant la stabilité des zones frontalières.
L’APLS reste active dans ses opérations, ciblant systématiquement les bases et les positions de l’armée d’occupation marocaine dans le secteur de Mahbes.
Alors que les pertes humaines et matérielles des forces marocaines sont mises en avant par les autorités sahraouies, la communauté internationale continue de suivre de près l’évolution du conflit et appelle à des initiatives de dialogue visant à instaurer une paix durable dans la région.
R. I.
Sahara occidental: une commission du Parlement européen rejette le nouvel accord entre l’UE et le Maroc, le qualifiant de « honte »
Les membres de la Commission de l’agriculture du Parlement européen ont rejeté, jeudi, le nouvel accord conclu entre le Maroc et l’Union européenne (UE) concernant les produits provenant des territoires sahraouis sous occupation marocaine, le qualifiant de « honte », selon des rapports médiatiques espagnols.
Cela est intervenu lors de la session organisée par la commission pour débattre de cet accord conclu début octobre entre les deux parties, et portant notamment sur l’amendement proposé par la Commission européenne au règlement relatif aux normes de commercialisation, en particulier la question de l’étiquetage du pays d’origine pour les produits importés hors de l’UE vers le marché européen, y compris les produits provenant du Sahara occidental occupé.
Cet accord constitue une tentative de contournement des arrêts rendus le 4 octobre 2024 par la Cour de justice de l’UE (CJUE), qui ont annulé les accords conclus entre Rabat et l’UE au motif que le Maroc et le Sahara occidental sont « deux territoires distincts et séparés » et que ces accords ont été signés sans le consentement du peuple sahraoui à travers son unique représentant légitime, le Front Polisario.
Les députés de la Commission de l’agriculture, toutes tendances politiques confondues, ont accusé la Commission européenne de céder au Maroc et de tenter de modifier la décision de la CJUE pour maintenir l’accord commercial avec Rabat que la Cour a pourtant invalidé.
« La Commission européenne a engagé une discussion extraordinaire pour traiter du règlement relatif à l’étiquetage du pays d’origine des fruits et légumes provenant du Sahara occidental occupé, visant à maintenir les exportations de produits agricoles sahraouis sous couverture marocaine.
Je suis stupéfait par l’audace de la Commission et par la manière dont elle ignore les arrêts de la CJUE concernant les accords de libre-échange », a déclaré le député Herbert Dorfmann.
Le député Thomas Waitz a, quant à lui, dénoncé la tentative délibérée de la Commission de contourner le droit international.
« Cet accord n’est pas conforme au droit international.
Nous, Européens, qui défendons souvent le respect du droit international, devons agir de même lorsqu’il s’agit des produits agricoles du Sahara occidental », a-t-il dit.
La majorité des députés de la Commission ont, en outre, accusé la Commission européenne de trahir les consommateurs, de saper le droit international et de se comporter comme un « bureau commercial pour le Maroc » au détriment des agriculteurs européens.
Le président de la Commission de l’agriculture, Daniel Buda, a appelé la Commission européenne à fournir des éclaircissements juridiques.
Le Front Polisario a, à plusieurs reprises, exprimé son rejet catégorique de ce nouvel accord illégal conclu entre le Maroc et la Commission européenne, qui prévoit l’extension des préférences douanières aux produits provenant du Sahara occidental occupé, affirmant qu’il s’y opposera par tous les moyens juridiques garantissant le respect des droits souverains du peuple sahraoui.
