L’Assemblée populaire nationale a accueilli une réunion importante consacrée aux œuvres universitaires, au moment où plus de 1,7 million d’étudiants bénéficient des dispositifs d’hébergement, de restauration et de transport. Devant la Commission de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des affaires religieuses, le directeur général de l’Office national des œuvres universitaires (ONOU), Adel Mezough, a présenté un exposé détaillé sur l’évolution de cet organisme stratégique. Cette audition, marquée par une atmosphère d’écoute et d’échanges constructifs, a mis en lumière les efforts structurels engagés pour moderniser l’accompagnement social des étudiants sur tout le territoire national.
Dès l’ouverture de la séance, le président de la Commission, Zakaria Belkhir, a souligné l’importance du rôle joué par l’ONOU dans la vie quotidienne de centaines de milliers d’universitaires. Il a salué les actions entreprises en matière d’amélioration de la qualité des services, ainsi que les mesures adoptées pour maintenir un suivi régulier des infrastructures d’hébergement. L’exposé du directeur général est venu confirmer cette dynamique réformatrice, en mettant en avant les réalisations les plus récentes qui témoignent d’une volonté de répondre aux attentes des étudiants et aux exigences du cadre universitaire moderne. L’un des points centraux de l’audition a été la réception, durant l’année universitaire en cours, de cinq nouvelles résidences implantées dans plusieurs wilayas, ainsi que l’ouverture de trois directions supplémentaires destinées à renforcer les capacités de gestion de l’Office. À cela s’ajoutent de nombreuses opérations de rénovation menées afin d’assurer un meilleur confort et une sécurité renforcée dans les infrastructures existantes.
Ce renouvellement constant illustre l’engagement de l’ONOU à réhabiliter les établissements les plus anciens et à créer de nouveaux espaces répondant aux standards actuels. S’agissant de la numérisation, véritable pilier de modernisation du service public universitaire, Adel Mezough a annoncé la mise en place d’une plateforme numérique et d’une application dédiée à la restauration, intégrant tant les volets administratifs que comptables. En parallèle, l’utilisation de la carte d’étudiant liée au portefeuille électronique constitue une avancée notable, permettant une meilleure traçabilité, une transparence accrue et une fluidité dans l’accès aux prestations. La digitalisation de la bourse universitaire, effectuée avec la collaboration d’Algérie Poste, a également été saluée : elle a permis de dématérialiser entièrement les transactions au profit de plus d’un million d’étudiants, mettant fin aux pratiques anciennes qui engendraient retards et complications. Les membres de la Commission ont profité de cette occasion pour soulever plusieurs préoccupations exprimées souvent par les étudiants sur le terrain. Ils ont évoqué la surcharge constatée dans certaines résidences, notamment dans les grands pôles universitaires, ainsi que la vétusté des équipements dans d’autres. Les députés ont aussi abordé les questions sensibles liées à la sécurité dans les structures d’hébergement, considérée comme une priorité absolue, ainsi que la problématique du transport universitaire, parfois insuffisant pour répondre à l’affluence des usagers. La limite d’âge de 28 ans fixée pour l’accès à l’hébergement universitaire a également été débattue.
Plusieurs élus estiment que cette condition exclut injustement des étudiants dont le parcours académique a été ralenti par des difficultés personnelles, sociales ou de santé. Ils ont appelé à un encadrement plus rigoureux des organisations estudiantines, certaines ayant un rôle déterminant dans l’animation et la médiation universitaire, mais nécessitant une structuration plus claire pour mieux accompagner les étudiants. Dans ses réponses, le directeur général de l’ONOU a affirmé que des réformes étaient déjà en cours pour améliorer le fonctionnement global de l’Office. Il a expliqué que des propositions législatives étaient en préparation afin de revoir certains mécanismes de gestion, d’améliorer le cadre réglementaire et de renforcer les principes de transparence dans l’administration de l’Office.
Cette démarche vise à consolider un modèle plus performant, orienté vers l’efficacité, la clarté des procédures et la bonne gouvernance. La réunion a ainsi permis de mettre en lumière la transition profonde que connaît l’ONOU, engagé dans une modernisation accélérée qui touche aussi bien les infrastructures que les modes de gestion. Avec l’ouverture de nouvelles résidences, la rénovation des anciennes, la digitalisation des services et l’intensification du dialogue avec les représentants des étudiants et les élus, l’Office semble engagé sur une trajectoire nouvelle. L’objectif affiché est clair : offrir un environnement universitaire plus harmonieux, plus fonctionnel et plus sécurisé, capable d’accompagner l’ambition des jeunes Algériens et de soutenir le développement du système d’enseignement supérieur. À travers cette audition, c’est une vision à long terme qui se dessine : celle d’un service public universitaire rénové, modernisé, et mieux adapté à la réalité d’un pays qui compte sur sa jeunesse pour bâtir son avenir. L’ONOU, en pleine transformation, se positionne aujourd’hui comme un acteur majeur de cette dynamique nationale.
R.N
