ONU : Le Conseil de sécurité se penche sur le lien entre conflits armés et insécurité alimentaire mondiale

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Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra lundi un débat public de haut niveau consacré à l’un des défis les plus pressants de notre époque : l’insécurité alimentaire provoquée ou aggravée par les conflits armés.
Cette réunion, placée sous le thème « Cadrer le dialogue mondial : s’attaquer à l’insécurité alimentaire comme facteur de conflit et garantir la sécurité alimentaire pour une paix durable », s’inscrit dans les travaux du Conseil au titre du point « Menaces à la paix et à la sécurité internationales ».
Cette session constitue l’un des moments phares de la présidence sierra-léonaise du Conseil pour le mois de novembre.

Le débat sera présidé personnellement par le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, témoignant de l’importance stratégique accordée à ce sujet, au cœur des préoccupations de nombreux États membres. Le Conseil accueillera plusieurs intervenants de haut rang. Parmi eux, Amina J. Mohammed, vice-secrétaire générale de l’ONU et présidente du Groupe des Nations unies pour le développement durable, figure en tête des responsables appelés à prendre la parole.
Elle sera accompagnée de Joyce Msuya, sous-secrétaire générale aux affaires humanitaires, ainsi que de l’Envoyé spécial de l’Union africaine pour les systèmes alimentaires, Ibrahim Assane Mayaki. Le panel comprendra également Maximo Torero Cullen, économiste en chef de la FAO, qui apportera une lecture globale et chiffrée des tendances alimentaires mondiales.Un débat pour comprendre et agirLa note conceptuelle préparée en amont du débat fixe plusieurs objectifs majeurs : renforcer la compréhension des interactions entre conflits, instabilité et insécurité alimentaire, et encourager une réflexion sur des solutions intégrées, multisectorielles et durables.
Le Conseil souhaite notamment mettre en lumière les causes structurelles de la faim liée aux conflits, tout en élaborant des réponses concrètes capables d’alléger les souffrances immédiates des populations menacées. Lors de leurs interventions, Mme Mohammed et Mme Msuya devraient alerter sur une réalité désormais indéniable : les conflits demeurent la première cause d’insécurité alimentaire aiguë dans le monde.

À cette donnée s’ajoutent des pressions combinées telles que les effets du changement climatique, la fragilité économique, les crises énergétiques et une réduction marquée du financement humanitaire, qui limite considérablement les capacités d’intervention des agences de secours.
Selon les estimations les plus récentes, les conflits armés ont été la cause principale de crises alimentaires aiguës dans 20 pays et territoires, affectant près de 140 millions de personnes.
Une tendance alarmante qui, selon l’ONU, risque de s’aggraver sans une mobilisation urgente et coordonnée de la communauté internationale.Gaza et le Soudan : des foyers de crise extrêmeLe débat devrait également mettre en lumière plusieurs situations jugées « particulièrement préoccupantes ».
Deux crises humanitaires ressortent avec acuité : la bande de Gaza et le Soudan. Dans les deux cas, les populations civiles vivent une insécurité alimentaire catastrophique, amplifiée par des entraves persistantes à l’aide humanitaire, rendant difficiles l’acheminement, la distribution et la coordination des secours.
À Gaza, le blocus, les restrictions de mouvement et les destructions massives d’infrastructures essentielles ont plongé des centaines de milliers de personnes dans une situation de dépendance quasi totale à l’aide internationale.

Au Soudan, les violences armées, les déplacements de populations et l’effondrement des services publics accentuent une crise déjà dramatique, où famine et malnutrition menacent désormais des régions entières.Des financements en chute librePlusieurs intervenants devraient tirer la sonnette d’alarme sur un phénomène aggravant : la baisse sans précédent du financement humanitaire mondial. Alors que les besoins explosent, les ressources disponibles pour les interventions d’urgence et les programmes de développement diminuent fortement.
Selon de nombreux experts, cette réduction compromet la capacité des organisations onusiennes et partenaires à fournir des secours vitaux, à renforcer les systèmes alimentaires locaux et à mettre en œuvre des stratégies de prévention.
Les États membres devraient également rappeler que les investissements précoces « notamment dans l’agriculture durable, l’adaptation climatique, la protection sociale et la consolidation de la paix » restent le moyen le plus efficace pour éviter une détérioration irréversible des situations humanitaires.Un appel à l’action collectiveEn définitive, le Conseil de sécurité devrait exhorter la communauté internationale à redoubler d’efforts pour contenir l’impact dévastateur des conflits sur la sécurité alimentaire mondiale. Ce débat de haut niveau vise à rappeler que la faim n’est pas seulement une conséquence des guerres, mais aussi un facteur qui peut alimenter les tensions et prolonger les cycles de violence. Pour les Nations unies, garantir la sécurité alimentaire n’est donc pas seulement une question humanitaire : c’est une condition essentielle à l’instauration d’une paix réelle, durable et inclusive.
R.I

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