L’Algérie a réaffirmé, avec force et ambition, son engagement en faveur de la transition écologique et du développement durable à l’occasion de l’ouverture de la neuvième édition du Salon international de la récupération et de la valorisation des déchets (REVADE). Organisé sous le thème « Valorisation des ressources en Afrique… perspectives de développement durable », ce rendez-vous majeur du recyclage a été officiellement inauguré par la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché, Amel Abdelatif, et la ministre de l’Environnement et de la Qualité de vie, Kaoutar Krikou, en présence d’un ensemble d’autorités gouvernementales, économiques et diplomatiques.
Une présence politique qui, à elle seule, illustre l’importance stratégique désormais accordée à une filière devenue moteur de croissance, d’innovation et de création de richesses. Dès l’ouverture, l’atmosphère dans les allées du Palais des expositions reflétait une dynamique nouvelle : plus de 100 exposants nationaux et étrangers, entreprises publiques, sociétés privées, startups, institutions, centres de recherche et associations présentaient des solutions pionnières dans le recyclage, la valorisation, la récupération des matériaux, la production de matières premières secondaires et l’économie circulaire. Pour la ministre de l’Environnement, ce salon n’est pas seulement un espace d’exposition, mais « une plateforme stratégique destinée à diffuser la culture de la valorisation, encourager l’innovation, stimuler l’économie circulaire et renforcer les partenariats africains et internationaux ». Dans son discours d’ouverture, Kaoutar Krikou a insisté sur la transformation profonde que connaît aujourd’hui la filière des déchets, longtemps perçue comme une charge et désormais identifiée comme une source de richesse.
Elle a salué l’énergie créative des jeunes entrepreneurs, dont les projets exposés dans le salon témoignent d’une maturité technologique croissante. « La diversité des solutions proposées prouve que l’Algérie est prête à franchir une nouvelle étape dans la gestion durable des déchets », a-t-elle affirmé, rappelant l’importance d’un écosystème national fondé sur l’innovation, la performance et la coopération entre les secteurs public, privé et académique. La ministre du Commerce, Amel Abdelatif, a pour sa part souligné l’émergence de véritables modèles nationaux dans l’intégration des principes de l’économie circulaire. Elle a mis en lumière la capacité des entreprises algériennes à transformer les déchets en opportunités industrielles : plastique revalorisé, métaux récupérés, résidus agricoles convertis en fertilisants, sous-produits alimentaires transformés, matières organiques traitées pour la production de compost. « Le mouvement engagé par nos entreprises constitue une réponse concrète aux défis du marché, mais aussi une démonstration de la compétitivité nouvelle de l’économie nationale », a-t-elle déclaré, annonçant le renforcement du soutien public aux initiatives de recyclage et d’innovation verte.
La visite des pavillons a confirmé cette dynamique. Les deux ministres ont pu découvrir une multitude de projets innovants, portés notamment par des startups spécialisées dans la collecte intelligente, la transformation des biodéchets, la production de combustibles dérivés des déchets, l’upcycling textile ou encore les technologies basées sur l’intelligence artificielle pour optimiser les chaînes de tri. Plusieurs démonstrations ont montré que le pays dispose désormais d’une masse critique d’innovateurs capables d’apporter des réponses concrètes aux enjeux environnementaux nationaux et régionaux. Symbole de cette vision nouvelle, une convention de coopération a été signée en marge du salon entre la société Magro et l’Agence nationale des déchets. Ce partenariat vise la collecte, le tri et la valorisation des déchets issus de neuf marchés de gros relevant du réseau Magro, avec pour objectif de convertir les déchets de fruits et légumes en matières organiques de haute valeur ajoutée destinées au secteur agricole. Une démarche exemplaire d’intégration entre filières, qui place la gestion des biodéchets au cœur de l’économie verte.
Le salon REVADE a également été marqué par la participation du ministre somalien de la Faune, des Forêts et des Pâturages, Hassan Hussein Mohamed, invité d’honneur de cette neuvième édition. Impressionné par le dynamisme de la filière algérienne, il a exprimé la volonté de son pays de renforcer la coopération bilatérale dans les domaines du recyclage, du traitement des déchets et de la formation technique. « L’Algérie représente un modèle inspirant pour les pays africains engagés dans la transition écologique », a-t-il déclaré lors de son intervention. Dans la même journée, les deux ministres, accompagnées des autorités locales, ont effectué une visite officielle au Parc écologique de Oued Smar, un site emblématique de la transformation environnementale nationale. Autrefois décharge sauvage, ce lieu a été réhabilité sur orientations du président de la République pour devenir un espace écologique complet, doté de plantations, de sentiers pédagogiques et d’aménagements à vocation éducative et touristique. Ce parc, devenu référence nationale, illustre parfaitement la capacité du pays à convertir les défis environnementaux en projets structurants. Une plantation symbolique y a été organisée, rappelant l’engagement constant de l’Algérie en faveur des initiatives vertes et des actions climatiques concrètes.
Le salon REVADE, dans sa neuvième édition, s’affirme désormais comme l’un des événements majeurs en Afrique dans le domaine du recyclage et de la gestion durable des ressources. Il offre une plateforme de haut niveau pour l’échange d’expertises, le transfert de technologies, la conclusion de partenariats stratégiques et l’émergence de synergies intersectorielles. Les ministres ont unanimement souligné que la réussite de cette édition constitue une étape supplémentaire dans la construction d’un modèle national performant, basé sur l’innovation, la durabilité et la valorisation des ressources. À travers cette manifestation internationale, l’Algérie envoie un message clair : la transition écologique n’est plus un slogan, mais une politique active et structurée, adossée à des projets concrets, à une vision ambitieuse et à l’engagement de toutes les forces vives du pays. Le REVADE 2025 confirme ainsi la place centrale que l’Algérie entend occuper dans la dynamique africaine de l’économie verte.
R.E
