L’Algérie s’engage dans une nouvelle ère énergétique : le nucléaire au service du développement durable et de la santé

dknews
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Sous le haut patronage du ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, la Maison de l’énergie à Alger a abrité, une rencontre internationale d’envergure consacrée aux applications non électriques de l’énergie nucléaire, organisée en partenariat avec la société russe Rosatom et la Commission algérienne de l’énergie atomique. Cet événement marque une étape décisive dans la coopération scientifique et technologique entre l’Algérie et la Fédération de Russie, deux nations liées par des décennies de partenariat stratégique et d’amitié historique. Présidée par le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, le Dr Mourad Adjal, la cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du haut-commissaire à l’énergie atomique, du président de l’Autorité nationale de sécurité sanitaire, du président de la commission nationale de prévention du cancer, ainsi que du président de l’Autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaires, en plus d’un large panel d’experts algériens et russes.

Dans son allocution inaugurale, le ministre a insisté sur la volonté ferme de l’État algérien de promouvoir les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, conformément aux orientations du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui a fait de la santé publique et de la diversification énergétique deux priorités nationales. Le Dr Adjal a notamment rappelé que le gouvernement accorde une attention particulière à la lutte contre le cancer et à l’intégration du nucléaire médical dans la politique de santé, notamment à travers le développement du traitement radio thérapeutique et de la production locale de médicaments radio pharmaceutiques. Le ministre a également souligné l’importance stratégique de l’énergie nucléaire dans des secteurs variés tels que l’agriculture, l’industrie, la gestion des ressources hydriques et la recherche scientifique. Il a mis en exergue le potentiel de cette technologie dans la désalinisation de l’eau de mer, la prévention de la désertification et la valorisation des sols agricoles, autant de défis auxquels l’Algérie est confrontée dans un contexte climatique de plus en plus contraignant.

Cette orientation s’inscrit dans un programme gouvernemental ambitieux, visant à maîtriser la production nationale de produits radio pharmaceutiques afin de réduire la dépendance aux importations et de garantir une autonomie sanitaire durable. Selon le Dr Adjal, cette politique contribuera à améliorer la prise en charge des patients, à réduire les délais de traitement et à renforcer la souveraineté scientifique du pays. Les débats de la conférence ont permis aux participants d’examiner les axes de coopération possibles entre l’Algérie et Rosatom, notamment dans les domaines de la formation, du transfert de technologies et de la recherche appliquée. Les experts russes ont exposé l’expérience de leur pays en matière de production d’isotopes médicaux et de développement des réacteurs modulaires de petite taille, qui représentent une solution innovante pour la production d’électricité décentralisée et la désalinisation de l’eau dans les zones isolées. Dans son intervention de clôture, le ministre de l’Énergie a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération scientifique avec les partenaires internationaux, en particulier dans les secteurs de la médecine nucléaire, de la formation des ingénieurs, et de l’innovation appliquée aux usages pacifiques de l’atome.

Il a insisté sur la création de mécanismes institutionnels permanents de coopération afin d’assurer la continuité des projets conjoints et l’intégration de l’expertise russe dans les programmes de recherche nationaux. En s’ouvrant davantage sur le champ des applications pacifiques de l’énergie nucléaire, l’Algérie affirme son ambition d’intégrer ce domaine dans sa stratégie de transition énergétique et de développement durable. Loin des clichés, cette technologie devient un levier de progrès, au service de la santé, de l’environnement et du bien-être des citoyens. La conférence d’Alger aura ainsi marqué un tournant historique : celui du passage d’une vision purement énergétique du nucléaire à une approche globale et intégrée, où science, médecine, écologie et industrie convergent vers un même objectif — celui d’une Algérie résiliente, innovante et souveraine dans la maîtrise de son avenir énergétique et scientifique.

ABED MEGHIT

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