Dimanche soir, au stade Hocine-Aït-Ahmed de Tizi-Ouzou, la JS Kabylie a signé une véritable démonstration de force face aux Ghanéens de Bibiani Gold Stars, s’imposant sur le score sans appel de 5 à 0. Devant un public en liesse, venu des quatre coins du pays, les Canaris ont non seulement confirmé leur supériorité acquise lors du match aller (2-0 à Accra), mais ont également rappelé à l’Afrique entière qu’ils demeurent une formation redoutable, capable de se hisser au plus haut niveau du football continental. Ce retour triomphal sur la scène africaine, après trois années d’absence, ne pouvait rêver meilleur scénario : sept buts inscrits en deux rencontres, une solidité défensive exemplaire, une attaque de feu et un collectif parfaitement huilé par l’entraîneur allemand Josef Zinnbauer.
Un stade en fusion pour le grand retour africain
Dès les premières heures de l’après-midi, Tizi-Ouzou vibrait déjà au rythme de la rencontre. Le stade Hocine-Aït-Ahmed, flambant neuf et plein comme un œuf, offrait un cadre majestueux à ce rendez-vous historique. Drapés de vert et de jaune, les supporters ont transformé les tribunes en une véritable mer de couleurs, ponctuée de chants, de tambours et de tifos soigneusement préparés. Pour ces fans inconditionnels, ce match représentait bien plus qu’une simple étape qualificative : c’était le symbole du retour d’une institution, la JSK, dans une compétition qui a forgé sa légende. Les joueurs, conscients de l’attente populaire, ont répondu présents avec une intensité et une détermination qui n’ont laissé aucune chance à l’adversaire.
Un départ canon signé Akhrib
Le coup d’envoi à peine donné, les Canaris ont affiché leurs intentions : attaquer, presser haut et étouffer l’adversaire. À la 5e minute, le jeune attaquant Lahlou Akhrib profite d’un placement approximatif de la défense ghanéenne pour ouvrir le score d’une frappe chirurgicale. Ce but précoce libère les siens et plonge le public dans l’extase. Akhrib, encore en quête de repères au sein de l’effectif kabyle, choisit le meilleur moment pour briller. Son but rapide met la JSK sur les rails et force Bibiani Gold Stars à courir après le ballon dès les premières minutes.
Boudebouz, capitaine exemplaire et buteur sur penalty
La domination kabyle se poursuit, et les occasions se multiplient. Messaoudi, Merghem et Bada mettent constamment la défense adverse sous pression. À la 26e minute, Messaoudi est fauché dans la surface. L’arbitre n’hésite pas et désigne le point de penalty. Le capitaine Ryad Boudebouz, fort de son expérience européenne, se charge d’exécuter la sentence. Avec calme et précision, il envoie le ballon au fond des filets, offrant à son équipe un avantage de deux buts et confirmant sa stature de leader technique et psychologique. À ce moment de la rencontre, l’affaire semble pliée : la JSK domine dans tous les compartiments du jeu, tandis que les Ghanéens paraissent dépassés par l’intensité kabyle.
Un réalisme encore perfectible avant la pause
Malgré de nombreuses occasions franches, notamment signées Nechat et Boudjemaa, les Canaris manquent d’efficacité devant les cages et rentrent aux vestiaires avec “seulement” deux buts d’avance. Un score qui reflète la domination kabyle mais qui ne traduit pas totalement leur supériorité sur le terrain. Dans les tribunes, les supporters savourent le spectacle, mais réclament encore plus. Ils savent que leur équipe en a sous la semelle et attendent une seconde période explosive.
Festival offensif en deuxième période
Dès le retour des vestiaires, Zinnbauer apporte du sang neuf à son équipe. Il fait entrer Cherir, Bott et Madani, preuve de la richesse de son effectif et de sa volonté de donner du temps de jeu à tout son groupe. Ces changements dynamisent encore davantage le jeu kabyle. À la 65e minute, Messaoudi, virevoltant sur le côté droit, efface deux défenseurs avant de servir Merghem, qui conclut au premier poteau. 3-0, le stade explose. La démonstration se transforme en récital offensif. Quelques minutes plus tard, Nechat réalise un débordement décisif sur son aile et adresse un centre parfait pour Akhrib. L’attaquant inscrit alors son deuxième but personnel de la soirée, portant la marque à 4-0. Le jeune joueur devient l’un des héros de la soirée et s’impose comme une révélation de ce début de saison. En fin de match, c’est Malki qui parachève la fête collective. Profitant d’un relâchement défensif adverse, il inscrit le cinquième et dernier but à la 90e minute, scellant ainsi le triomphe kabyle.
Une JSK irrésistible et un adversaire dépassé
Au coup de sifflet final, le constat est sans appel : la JSK a survolé les débats. Bibiani Gold Stars, malgré sa combativité, n’a jamais trouvé la clé pour inquiéter la défense kabyle. Les Ghanéens repartent de Tizi-Ouzou avec une lourde défaite et la certitude que cette double confrontation a mis en lumière l’écart de niveau entre les deux équipes. De leur côté, les Canaris ont fait preuve d’un collectif homogène, alliant la rigueur défensive à une attaque dévastatrice. Les automatismes semblent déjà bien rodés, malgré le début de saison, et la confiance grandit match après match.
Zinnbauer, stratège d’un renouveau
L’entraîneur allemand Josef Zinnbauer peut savourer. Son équipe a appliqué à la lettre son plan de jeu : pressing haut, transitions rapides et efficacité devant le but. Sa décision de faire tourner son effectif en seconde période prouve qu’il croit en la profondeur de son banc et prépare son groupe à affronter des adversaires de plus haut calibre. « Nous avons livré un match sérieux du début à la fin, a déclaré Zinnbauer en conférence de presse. Mais ce n’est qu’une étape. Nous devons garder la tête froide et nous concentrer sur le prochain adversaire, l’US Monastir. »
Un prochain défi de taille : l’US Monastir
La qualification acquise, la JSK doit désormais se tourner vers le futur. Et ce futur immédiat porte le nom de l’US Monastir, formation tunisienne solide et expérimentée. Un adversaire coriace qui demandera aux Canaris d’élever encore leur niveau de jeu. Les supporters espèrent que cette dynamique victorieuse se poursuivra et que la JSK renouera avec les grandes épopées africaines qui ont marqué son histoire.
La JSK, symbole d’une région et fierté nationale
Au-delà du sport, cette victoire illustre une fois de plus le rôle particulier qu’occupe la JSK dans le paysage algérien. Plus qu’un club, elle est un symbole identitaire, culturel et historique. Son retour au premier plan africain redonne de la fierté à toute une région et ravive les souvenirs des grandes heures du football kabyle. Les joueurs le savent, chaque match est une responsabilité, chaque victoire est une fête populaire, chaque élimination une blessure collective. Face à Bibiani, ils ont rendu le sourire à tout un peuple.
Vers une saison africaine pleine d’espoir
Avec cette large qualification, la JSK envoie un message clair à ses futurs adversaires : elle est de retour, plus ambitieuse que jamais. Portée par un effectif rajeuni, un entraîneur expérimenté et un public fidèle, elle rêve de renouer avec les sommets africains. Les Canaris, par leur jeu collectif, leur intensité et leur réalisme retrouvé, semblent taillés pour aller loin dans cette édition. Certes, les obstacles seront nombreux, mais l’enthousiasme suscité par ce retour en Ligue des champions laisse entrevoir une saison palpitante. La victoire 5-0 contre Bibiani Gold Stars restera dans les mémoires comme le match du grand retour africain de la JS Kabylie. Plus qu’une simple qualification, c’est un avertissement lancé au continent : les Canaris sont de retour, armés de talent, de discipline et d’une ferveur populaire sans égale. Les supporters, eux, ne rêvent que d’une chose : revoir leur équipe soulever à nouveau la prestigieuse coupe africaine. Avec un tel état d’esprit et une telle qualité de jeu, le rêve n’a jamais semblé aussi proche.
F. YANIS
