L’Algérie a fait du développement du secteur des transports l’un des piliers structurants de sa stratégie de relance économique. Aérien, maritime, ferroviaire ou routier, aucun mode de transport n’est laissé en marge. Les investissements consentis par l’État sont massifs, coordonnés et porteurs d’une vision à long terme : doter le pays d’infrastructures modernes, performantes et capables d’accompagner durablement la dynamique économique nationale, tout en renforçant l’intégration régionale et internationale.
Les premiers résultats de cette politique volontariste commencent à se matérialiser sur le terrain. Dans le transport aérien, la compagnie nationale Air Algérie poursuit le renouvellement et l’extension de sa flotte à un rythme soutenu. En moins de trois mois, trois nouveaux avions gros-porteurs ont été réceptionnés. Après l’Airbus A330-900 NEO baptisé Novembre 54, arrivé à Alger en novembre 2025, puis Gara Djebilet livré en décembre, un troisième appareil du même type, Yennayer, est venu récemment renforcer la flotte. Ces livraisons ne constituent toutefois qu’une étape d’un programme beaucoup plus ambitieux. Sur une période de trois ans, Air Algérie prévoit la réception d’une quinzaine d’autres gros-porteurs, notamment des Airbus A330-900 NEO et des Boeing 737 MAX-9, ainsi que 16 avions régionaux de type ATR 72-600. Avec les appareils déjà en service, la flotte de la compagnie nationale atteint désormais 57 avions, sans compter la quinzaine d’appareils exploités par Domestic Airlines pour les vols intérieurs. Ce renforcement quantitatif s’accompagne d’un défi qualitatif majeur : moderniser la flotte, améliorer la qualité de service et positionner l’aéroport international Houari-Boumediène comme un véritable hub régional. Cette ambition est loin d’être irréaliste. La position géographique d’Alger constitue un atout stratégique majeur, située à la croisée des flux entre l’Europe occidentale et l’Afrique, à équidistance relative entre les Amériques et l’Asie, et à quelques heures de vol de la majorité des capitales européennes et africaines. Le lancement récent, ainsi que la programmation prochaine, de nouvelles destinations vers des villes africaines, asiatiques et européennes renforcent cette orientation. Les accords de partage de codes conclus avec des compagnies internationales de premier plan, telles que Turkish Airlines et Qatar Airways, participent également à cette dynamique, en facilitant les correspondances et en élargissant le réseau de destinations accessibles depuis Alger. Le transport maritime connaît, lui aussi, un redéploiement notable, tant pour le transport de passagers que pour le fret. Pour les voyageurs, le paysage maritime s’est considérablement enrichi. Huit compagnies opèrent désormais vers et depuis les ports algériens, dont trois nationales : Algérie Ferries, Madar Maritime Company et Nourris Elbahr Ferries. L’offre s’élargit avec l’ouverture annoncée de nouvelles liaisons, notamment entre certains ports algériens et Barcelone, ainsi qu’entre l’Algérie et l’Italie. Une nouvelle liaison entre Annaba et Tunis est également à l’étude. La densité du trafic maritime de passagers est telle que les autorités ont décidé de suspendre temporairement la délivrance de nouveaux agréments, faute de quais disponibles dans les ports. Cette décision, annoncée par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, illustre à la fois l’attractivité retrouvée de ce mode de transport et la nécessité d’adapter les infrastructures portuaires à cette montée en puissance.
Sur le plan du fret maritime, l’Algérie renforce ses connexions stratégiques. La ligne reliant les ports d’Alger et de Dakar via Nouakchott a été consolidée, tandis que la liaison maritime avec la Croatie a été étendue jusqu’au port slovène de Koper. À cela s’ajoute un projet d’envergure régionale : la création d’une ligne maritime entre Alger et Mascate, au Sultanat d’Oman, avec des escales dans plusieurs ports arabes, conformément aux instructions données par le président de la République lors d’un Conseil des ministres. Cette dynamique maritime s’articule étroitement avec le développement du rail, autre pilier central de la stratégie nationale des transports. Les investissements consentis dans le réseau ferroviaire sont considérables, aussi bien pour le transport de passagers que pour celui des marchandises. La nouvelle ligne Gara Djebilet – Tindouf – Béchar, longue d’environ 950 kilomètres, réalisée en un temps record en plein Sahara, constitue une prouesse technique et un jalon stratégique majeur. Actuellement en phase d’expérimentation technique, elle devrait être inaugurée dans les prochains jours et jouera un rôle clé dans l’exploitation et l’acheminement du minerai de fer extrait de Gara Djebilet. Dans l’Est du pays, le dédoublement de la ligne ferroviaire Annaba – Tébessa, ainsi que son extension vers Bled El-Hadba, permettra non seulement d’améliorer le transport des voyageurs, mais aussi de faciliter l’exportation du phosphate extrait dans cette région. Le rail devient ainsi un levier essentiel de valorisation des ressources naturelles et de dynamisation des territoires.
Le projet le plus structurant reste toutefois le renforcement du transport ferroviaire nord-sud, avec l’ambition de relier Alger à Tamanrasset. Les travaux du segment Laghouat – El-Ménéa via Ghardaïa devraient débuter prochainement. À terme, l’objectif est clair : relier les frontières sud à la Méditerranée, stimuler l’activité économique le long du tracé et inscrire l’Algérie dans une logique d’intégration économique africaine, à travers ce qui s’apparente à une véritable ligne ferroviaire transsaharienne.
Le transport routier n’est pas en reste dans cette vaste transformation. Des tronçons routiers sont construits ou réhabilités quotidiennement, tandis qu’un programme ambitieux de rénovation des segments dégradés de l’autoroute Est-Ouest a été lancé en début d’année. Parallèlement, le programme présidentiel d’importation de 10.000 bus de transport de voyageurs entre dans sa phase de concrétisation. Déjà, 3.000 bus de la marque Higer sont en route vers les ports algériens, et 1.000 autres, de la marque Tirsam, sont attendus à la fin du mois de janvier. À moyen terme, des lignes de fabrication de bus et d’autocars verront le jour à Chlef, Batna, Aïn Témouchent et Bouira, renforçant ainsi l’industrie nationale. Enfin, la sécurité routière fait l’objet d’une attention particulière, avec l’importation de pneumatiques neufs pour différents types d’engins et l’élaboration d’un nouveau code de la route, actuellement à l’examen au Conseil de la nation après son adoption par l’APN. À la lecture de l’ensemble de ces chantiers, un constat s’impose : l’État algérien ne ménage aucun effort pour se doter de moyens de transport à la hauteur de ses ambitions économiques. Car si l’on dit souvent que « quand le bâtiment va, tout va », il apparaît de plus en plus évident qu’aujourd’hui, lorsque les transports roulent, tout se déroule.
Abed MEGHIT
