L’Algérie a franchi, jeudi, une nouvelle étape majeure dans la consolidation de sa souveraineté technologique et stratégique avec le lancement réussi du satellite d’observation de la Terre Alsat-3A.
Cet événement d’envergure marque une avancée significative dans le domaine spatial national et confirme l’ambition de l’État algérien de maîtriser les technologies de pointe au service de la sécurité, du développement et du progrès scientifique.
L’opération de lancement a été supervisée personnellement par le général d’Armée Saïd Chengriha, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP).
Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN), le haut responsable militaire a suivi, à 05h01 heure locale, l’ensemble des étapes de l’opération depuis la station satellitaire de Télédétection.
Le lancement proprement dit s’est déroulé avec succès à partir de la base spatiale de Jiuquan, située au nord-ouest de la République populaire de Chine, à 12h01 heure chinoise.
Ce lancement s’inscrit dans le cadre d’un partenariat stratégique entre l’Agence spatiale algérienne (ASAL) et la Société chinoise des sciences et des technologies aérospatiales, un partenariat qui a permis à l’Algérie de renforcer progressivement ses capacités nationales en matière d’observation satellitaire et de technologies spatiales avancées.
La supervision de cette opération par le Chef d’état-major de l’ANP souligne l’importance stratégique accordée à ce programme, tant sur le plan sécuritaire que scientifique.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs hautes personnalités civiles et militaires, notamment le commandant de la 1ʳᵉ Région militaire, des chefs de départements et directeurs centraux du MDN et de l’état-major de l’ANP, ainsi que de l’ambassadeur de la République populaire de Chine en Algérie, du directeur général de l’ASAL et de l’attaché de défense près l’ambassade de Chine à Alger. Cette forte présence institutionnelle illustre la dimension stratégique et diplomatique de ce projet, fruit d’une coopération internationale maîtrisée et orientée vers des objectifs de souveraineté nationale.
Doté de technologies de très haute résolution, le satellite Alsat-3A permettra à l’Algérie de renforcer considérablement ses capacités d’observation de la Terre.
Il contribuera de manière déterminante au développement du renseignement géospatial, à l’élaboration de cartes numériques de précision, à la modélisation avancée des terrains et à l’amélioration des systèmes d’aide à la décision.
Les données fournies par Alsat-3A seront également essentielles dans des domaines stratégiques tels que la surveillance du territoire, la gestion des ressources naturelles, la prévention des catastrophes naturelles, l’aménagement du territoire, l’agriculture de précision et la protection de l’environnement.
Le MDN rappelle que ce lancement s’inscrit dans une trajectoire cohérente et progressive.
L’Algérie avait déjà marqué son entrée dans le club des nations disposant de satellites d’observation avec le lancement d’Alsat-1 en 2002, suivi d’Alsat-2A en 2010 et d’Alsat-2B en 2016.
Avec Alsat-3A, le pays franchit un nouveau palier technologique, enrichissant son arsenal spatial et consolidant un savoir-faire national accumulé sur plus de deux décennies.
Au-delà de l’équipement lui-même, le ministère de la Défense nationale met en avant un élément fondamental : la participation active de compétences algériennes à la conception, au suivi et à l’exploitation de ce satellite.
Cet acquis humain et scientifique constitue un pilier essentiel de la stratégie nationale, visant non seulement l’acquisition de technologies avancées, mais surtout leur appropriation durable par des cadres et ingénieurs nationaux hautement qualifiés.
Cette réussite n’a pas manqué de susciter des réactions positives au niveau continental.
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a adressé ses félicitations officielles à la République algérienne démocratique et populaire pour le lancement réussi d’Alsat-3A.
Dans un communiqué publié sur le site officiel de l’Union africaine, il a salué « une avancée majeure pour les capacités spatiales et géospatiales du continent africain ». Selon le responsable africain, cette réalisation illustre clairement le leadership de l’Algérie dans le domaine de la science spatiale et son engagement à mettre les technologies satellitaires au service du développement durable.
Il a souligné l’importance des données de haute résolution fournies par Alsat-3A pour la surveillance environnementale, la réduction des risques de catastrophe et l’élaboration de politiques publiques éclairées, tant au niveau national que continental.
Le président de la Commission de l’UA a également exprimé l’espoir que les capacités offertes par Alsat-3A contribueront à la mise en œuvre des priorités de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, ainsi qu’à la politique et à la stratégie spatiales africaines.
Il a salué, à ce titre, l’esprit de coopération internationale qui a entouré ce lancement, mettant en avant les investissements constants de l’Algérie et ses efforts soutenus pour l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique au service du progrès collectif de l’Afrique.
À travers Alsat-3A, l’Algérie envoie un message clair : celui d’un pays résolument engagé dans la maîtrise des technologies stratégiques, conscient des enjeux géopolitiques, économiques et sécuritaires liés à l’espace, et déterminé à jouer un rôle moteur au niveau régional et continental.
Ce lancement réussi n’est pas seulement une prouesse technique ; il est l’expression d’une vision d’État, fondée sur l’anticipation, l’investissement dans le savoir et la consolidation de la souveraineté nationale dans un domaine devenu incontournable.
Dans un monde où l’espace constitue désormais un champ stratégique majeur, Alsat-3A apparaît comme un outil essentiel au service de l’Algérie d’aujourd’hui et de demain, renforçant sa capacité d’analyse, de décision et d’action, tout en confirmant sa place parmi les nations qui comptent dans l’économie et la géopolitique spatiales.
Par Abed Meghit
