La célébration du nouvel an amazigh (Yennayer) dans la wilaya de Tizi-Ouzou revêt un caractère particulier mêlant rites ancestraux et convivialité pour attirer l’abondance et aspirer à des récoltes généreuses.
« Célébrer Yennayer, éloigne le mauvais œil et les infortunes », soutient un adage populaire et cette célébration qui est avant tout un hommage à la terre nourricière, commence la veille de Yennayer, où chaque foyer prépare le repas de la fête: le célèbre « Seksou vou sevâa issoufar » (le couscous aux 7 ingrédients).
Le dîner de Yennayer est aussi un moment privilégié de réconciliation. Le repas est consommé collectivement dans un grand plat unique.
Le repas servi, chaque membre de la famille doit manger à sa faim pour symboliser la satiété durant l’année à venir. Les membres absents ne sont pas oubliés, des cuillères sont disposées dans le plat pour symboliser leur présence.
Le jour suivant le diner donne lieu à la préparation d’autres mets, tels que « Uftiyene » (céréales et légumineuses). Il s’agit d’une soupe épaisse à base de pois chiches, de blé et de fèves et autres céréales symbolisant la fécondité et l’abondance des récoltes.
Pour que l’année soit empreinte de douceur, les familles préparent des crêpes ou des beignets enduits de miel pour présager une année faite de douceur et de délicatesse.
Le 12 janvier marque ainsi l’ouverture de « Tabburt U Seggas » (la porte de l’année), inaugurant, cette année, l’an 2976 du calendrier agraire amazigh.
Plus qu’une festivité, Yennayer demeure le symbole indéfectible du lien entre l’homme et la terre et un patrimoine immatériel que les familles algériennes continuent de transmettre aux jeunes générations.
